La vérité



Notions également traitées dans ce chapitre : Le bonheur - La liberté - Le devoir - Le langage - La raison - La science

Une image, un texte



The Matrix (1999)

Problèmes essentiels

  1. Comment définir la vérité ? A quoi la reconnaît-on ? N'y a-t-il pas différents types de vérités ?

  2. Peut-on l'atteindre ? Et si oui, comment ?

  3. La vérité comme valeur : Faut-il nécessairement la rechercher, la dire ? Pourquoi ? Est-elle supérieure à d'autres finalités ou valeurs (par ex. le bonheur, la liberté) ? Faut-il les sacrifier pour elle ?

Textes et références utiles

  1. Définitions
  2. Il y a différentes façons de concevoir la vérité et différents types de vérités selon le domaine que l'on considère :
    1. Vérité-correspondance et vérité-cohérence : La définition la plus traditionnelle et aussi la plus commune de la vérité la caractérise comme adéquation ou correspondance de l'esprit et de la réalité : un énoncé est vrai si une réalité extérieure lui correspond effectivement. Parler de vérité, dans ce sens là, c'est postuler que l'esprit ou la raison est capable de saisir le réel. Une autre définition de la vérité insiste non sur la correspondance entre un discours et une réalité extérieure, mais sur la cohérence de ce discours lui-même : un énoncé est "vrai", ou plus justement, valide s'il n'est pas contradictoire avec les autres propositions avec lesquelles il est lié (voir ce texte de Hume et le chapitre sur la démonstration).
        Cette distinction en recoupent d'autres également : vérités de fait, ou "matérielles" d'un côté et vérités de raison ou "formelles" de l'autre. Voir également la définition de ces termes dans la fiche sur la démonstration.

    2. La définition pragmatiste de la vérité : A la fin du XIXème siècle, parallèlement au développement des sciences, et notamment de la physique, ainsi que de l'accroissement de travaux d'épistémologie, une nouvelle conception de ce qu'est la vérité émerge : la conception pragmatique ou conventionnaliste (cf. Poincaré, Duhem, William James...). Ces auteurs (philosophes et/ou physiciens) avancent l'idée que l'on ne peut dire si nos théories nous permettent d'atteindre la réalité en-soi, que cette Idée n'est d'ailleurs peut-être qu'une chimère métaphysique; mais que nous devons considérer comme "vraie", de manière provisoire et approchée, une idée ou une théorie qui rend compte de manière satisfaisante des phénomènes que nous étudions et qui nous permet d'agir sur eux; ce que James appelle une "vision instrumentale de la vérité".


  3. Toutes les opinions se valent-elles ?

  4. Examiner la question ci-dessus à l'aide des deux textes suivants :

    Le relativisme

     
    La science et l'opinion

     1. Pourquoi l'attitude relativiste peut-elle apparaître comme une attitude positive ?
     2. Pourquoi est-elle au contraire, pour l'auteur de ce texte, dangereuse et intenable ? (expliquer les deux points)
       1. Expliquer "dans son besoin d'achèvement comme dans son principe".
     2. Expliquer "l'opinion a, en droit, toujours tort". Que signifie ici la formule "en droit" ?
     3. Expliquer et illustrer "elle traduit des besoins en connaissances".
     4. Quelle devrait être la conséquence pratique de la phrase : "L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement" ?

    Pour aller plus loin :
    Qu'est-ce que le scepticisme ?


  5. Comment atteindre la vérité ?


  6. La vérité et le bonheur
  7. La recherche de la vérité est-elle un impératif (moral, anthropologique) ? Doit-on préférer cette finalité à toute autre ? Faut-il obligatoirement chercher à se connaître, à connaître le monde dans sa réalité ? Faut-il obligatoirement la dire ? Ou l'illusion, le mensonge, la mauvaise foi sont-ils préférables ?...

    Voici un document pour réfléchir à ces questions : Lisez les textes, essayez de répondre aux questions qui les accompagnent, et demandez-vous comment ils permettent d'examiner la question : "La recherche de la vérité est-elle une condition du bonheur ?"

Compléments :
  
  • Penser à faire des liens avec d'autres notions, d'autres cours :

      - Toute la partie sur "Le sujet" s'interroge par exemple sur la question de savoir si l'on peut parvenir à une forme de connaissance de soi, donc à une forme de vérité sur nous-même : si oui, comment ? A quelles conditions ? Quels sont les obstacles qui nous empêchent d'atteindre cette "vérité" (mauvaise foi, inconscient, ignorance des déterminismes...) Autrui ne détient-il pas aussi une forme de vérité sur nous-même ? Pour la connaître, dans la mesure du possible, ne faut-il pas "passer par lui" (cf. par ex. Sartre et le pour-autrui) ?

      - La question de la valeur de la vérité, du statut du mensonge par exemple, peut être réfléchie dans le cadre du cours sur la morale ("dialogue" entre la morale déontologique de Kant et la morale conséquentialiste des utilitaristes comme Mill).

      - Pour les L et les ES, penser au cours sur l'histoire : Toute la première partie du cours consacrée à la réflexion épistémologique sur la discipline histoire et la construction de la connaissance historique porte sur la question de savoir si l'on peut, et comment, établir des vérités en histoire.

      - Le cours sur la démonstration évidemment...

  • Vocabulaire

    Les mots suivis d'un astérisque sont définis dans la partie Lexique.

    Distinguer :

    Vérité et réalité : Compte tenu de ce que nous avons vu ci-dessus, "vrai" ou "faux" sont donc des qualités non pas des choses mais d'un discours ou d'un énoncé : seule une affirmation peut être vraie ou fausse; c'est par abus de langage que l'on dit d'un objet qu'il est "faux". Un objet est réel ou pas, mais pas vrai ou faux.

    Mensonge*/erreur*/illusion* : Dire un mensonge c'est ne pas dire la vérité alors qu'on la connaît, intentionnellement; commettre une erreur, en revanche, c'est ne pas la dire mais en croyant sincèrement la posséder; être dans l'illusion, c'est commettre une erreur également mais avec le désir inconscient de se tromper, parce je trouve dans cette erreur un bénéfice.
      Par exemple : un professeur qui affirme à ses élèves qu'ils auront tous le bac sans travailler ment; l'élève qui croit cela commet une erreur (qui lui sera peut-être fatale !...); mais c'est aussi une douce illusion dans laquelle il se complaît, parce qu'elle lui évite de se remettre en question...

    Vérité/sincérité : De ce qui suit il découle qu'il ne faut pas confondre être sincère et dire la vérité : la sincérité ne qualifie que la bonne foi ou l'honnêteté de celui qui parle; la vérité, quant à elle, comme nous l'avons vu plus haut, signifie que ce que dit le sujet qui parle est conforme à un état de fait, ou qu'il y a une correspondance entre ce qu'il dit et ce qui est.

    Opinion/connaissance - Conviction*/certitude* - Relativisme - Scepticisme* - Rationalisme*/empirisme*

    Faites le point !

    - Pour contrôler que vous avez bien assimilé tout ça, voici un petit Quiz !

    - Pour un résumé visuel du cours : Voici une carte mentale sur la vérité.


    A voir

    - 12 hommes en colère de Sidney Lumet (1957).
    - The Truman show de Peter Weir (1998).
    - The Matrix de Larry et Andy Wachowski (1999).

    Exemples de sujets

    Dernière mise à jour : 08/11/2016 (modification de la partie III)