Ce qui existe non en soi-même mais en une autre
chose; ex. la forme ou la couleur appartiennent à
une chose qui subsiste en elle-même; par suite, ce qui peut
être modifié ou supprimé sans que la
chose elle-même change de nature ou disparaisse.
Désigne une propriété non essentielle d'une chose.
En philosophie, depuis Aristote, on oppose ce qui existe en acte à ce qui existe en puissance. Ce qui existe en acte est pleinement réalisé, alors que ce qui exsite en puissance existe seulement potentiellement, virtuellement. Ex.: la plante existe dans la graine en puissance.
Chez Freud : Les actes manqués désignent dans le cadre de la théorie psychanalytique les lapsus, oublis, pertes d'objets etc. que l'on interprète naturellement comme des accidents, de simples 'ratés' insignifiants, mais que Freud voit comme des manifestations d'intentions, de désirs inconscients refoulés par la conscience.
Type d'argument polémique par lequel on attaque non pas les idées de l'adversaire mais sa personne même ou tel ou tel trait de sa personnalité. On cherche à disqualifier la personne elle-même , sans même discuter ce qu'elle dit.
Etat dans lequel se trouve un homme ou un groupe d'hommes qui sont privés de liberté, qui ne s'appartiennent pas (être aliéné = être étranger à soi) du fait d'un contexte politique, social ou économique (par exemple chez Marx, dans le système capitaliste).
Peut désigner aussi, de manière purement descriptive et non plus critique, le processus par lequel les hommes cèdent une part de leur pouvoir sur eux-mêmes à l'Etat dans les théories politiques contractualistes (voir Hobbes, Locke ou Rousseau par exemple).
Caractère de ce qui est autre. S'interroger sur l'altérité, c'est s'interroger sur ce qui est autre que nous; sur notre relation à lui; sur nos moyens de le connaître (qu'il s'agisse de l'autre homme, du monde extérieur par exemple); sur la question de savoir par exemple si nous pouvons exister sans autrui, si cette relation à l'alterité nous constitue ou menace notre identité...
Un raisonnement est dit aporétique quand il débouche sur une impossibilité de conclure, de donner une réponse au problème examiné. L'impasse à laquelle on arrive alors s'appelle une aporie. De nombreux dialogues de Platon, sont ainsi dits aporétiques en ce que Socrate amène ses interlocuteurs à remettre en cause leurs opinions premières sur telle ou telle notion, jusqu'à ce qu'ils prennent conscience de leur ignorance, des contradictions dont ils sont victimes, du fait de mauvaises définitions de départ. Si une telle découverte ne produit pas nécessairement un nouveau savoir, au moins a-t-elle la vertu de nous dévoiler notre ignorance, d'écarter de fausses solutions et de nous engager à rechercher la vérité.
Terme qui désigne une forme de gouvernement, celui des "meilleurs" (aristoï en grec ancien signifie effectivement "les meilleurs"). L'aristocratie est une forme d'oligarchie.
Terme d'origine grecque qui désigne "l'absence de trouble" de l'âme que des écoles philosophiques antiques (stoïcisme, épicurisme, cynisme notamment) définissent comme étant l'idéal à atteindre dans l'existence. Cette "tranquilité de l'âme" est atteinte par le sage qui grâce à l'usage de sa raison, à la philosophie, est parvenu à vaincre les causes des malheurs et des souffrances qui assaillent les autres hommes (ces derniers sont souvent qualifiés d'insensés parce qu'ils vivent leur vie sans y penser, sans la penser, sans souci éthique).
On peut cependant relever que le bonheur atteint dans l'ataraxie est un bonheur essentiellement négatif, en ce qu'il consiste en l'absence des causes de souffrance et non en l'expérience positive d'un plaisir ou d'une satisfaction.
Etymologiquement, autonome signifie "qui se donne à soi-même sa loi". L'autonomie définit une certaine forme de liberté que l'on rencontre souvent en philosophie. Elle implique qu'être libre ce n'est pas seulement suivre l'impulsion du moment, "être spontané" comme on dit beaucoup aujourd'hui, mais que cela signifie suivre les principes ou règles dont notre raison nous aura montré la valeur; règles que nous nous sommes données à nous-même. Ainsi la notion d'autonomie nous permet de voir qu'être libre ce n'est pas agir en l'absence de toute règle.
Chez Kant par exemple, c'est en obéissant à la loi morale, découverte grâce à notre raison, que l'homme fait l'expérience la plus sûre de sa liberté.
Chez Rousseau, une formule, utilisée cette fois dans le contexte de la réflexion politique, exprime de manière nette cette idée de la liberté comme autonomie : "l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté" (Du Contrat Social, Livre I, chap. VIII)
Connaissance plus ou moins claire que possède le sujet du monde qui l'entoure ainsi que de lui-même (du fait qu'il existe, de ce qui se pass en lui). On parle alors de conscience psychologique. Celle-ci peut-être immédiate, spontanée ou réfléchiequand le sujet fait retour sur lui-même pour prendre conscience de ses états d'âmes ou d'une situation dans laquelle il est pris. Le fait que l'homme possède la conscience implique un "recul néantisant" par rapport au monde, comme dit Sartre, une mise à distance de celui-ci qui explique que notre présence au monde n'est pas celle des choses : l'homme n'est pas seulement dansle monde comme n'importe quel objet, mais il se le représente, il le pense; son rapport à lui est donc toujours, nécessairement, médiat.
Action d'emporter l'adhésion de quelqu'un en utilisant des arguments rationnels, en faisant appel à sa raison, et non en usant de persuasion, c'est-à-dire en cherchant à le manipuler, le séduire, lui faire peur; en un mot en cherchant à agir sur ses sentiments ou passions. Chercher à convaincre quelqu'un, c'est le considérer comme un sujet, c'est-à-dire comme un être libre et raisonnable (qui possède la raison), comme un égal et donc comme une personne digne de respect d'un point de vue moral.
Signe grâce auquel on peut reconnaître une chose et la distinguer d'autres.
De nombreux sujets de dissertation invitent à rechercher un ou des critères pour reconnaître ou définir un objet particulier : recherche de critères permettant de distinguer la vérité (le consensus ? l'évidence ?...); recherche de ceux permettant de reconnaître une oeuvre d'art, par exemple.
Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple, ou plus exactement aux membres de la société qui sont définis comme citoyens.
On peut distinguer la Démocratie directe dans laquelle les citoyens exercent réellement le pouvoir en siégeant dans les assemblées qui détiennent les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire; et la Démocratie représentative ou parlementaire dans laquelle les citoyens désignent des délégués, des représentants pour siéger dans ces assemblées.
Le principe déterministe affirme que tous les phénomènes sont liés par des relations de causalité; que tout phénomène peut être considéré comme l'effet d'une ou plusieurs causes externes. Cette conception rejette l'idée de hasard ("Tout phénomène a une cause"), et est donc au fondement de toute démarche scientifique.
Si ce principe a d'abord été utilisé dans les sciences de la nature, il a ensuite été étendu à d'autres réalités : la sociologie l'a appliqué aux faits sociaux (cf les travaux fondateurs de Durkheim sur le suicide); la psychologie aux phénomènes mentaux (cf en particulier Freud et l'énoncé du principe du déterminisme psychique)
En philosophie, l'affirmation du déterminisme pose le problème de la réalité ou du caractère illusoire de la liberté humaine : l'homme est-il totalement soumis aux déterminismes ou bien y échappe-t-il d'une manière ou d'une autre ?
Une pensée ou une connaissance est dite discursive quand elle a été obtenue ou construite par étapes, en élaborant un raisonnement. Cela s'oppose à l'idée d'une connaissance qui serait intuitive, l'objet d'une intuition.
Chez Pascal : le divertissement désigne toutes les activités dans lesquelles les hommes s'engagent ou "se jettent" comme on pourrait dire aujourd'hui pour s'étourdir, se détourner de penser à leur "condition faible et mortelle" comme dit Pascal dans les Pensées. Ce peut être aller à la chasse (activité symbolique parce que ce qui compte ce n'est pas d'attrapper un lapin mais de courir après), faire la guerre, devenir roi... ou faire de la philosophie ! Car toutes ces activités nous détournent de rechercher notre salut en Dieu.
Doctrine philosophique qui affirme que toutes nos connaissances viennent de l'expérience, de l'observation, c'est-à-dire ont pour source nos sens. Les empiristes (Locke, Hume par exemple) nient l'existence d'idées innées en notre esprit (cf. Descartes au contraire) ou de toute connaissnce a priori. L'idée de causalité par exemple n'est qu'un produit de notre expérience, de l'habitude que nous avons de voir une chose en suivre toujours une autre. Nous appelons alors la première l'effet et la seconde la cause.
Sommeil artificiel provoqué, analogue au
somnambulisme spontané, se distinguant du sommeil normal par
le maintien des perceptions sensorielles, la concentration possible de
l'attention et de l'action, un
électro-encéphalogramme comparable à
celui de l'état de veille. D'autre part, une
altération ou déformation des conditions normales
de la mémoire et de la personnalité et surtout
une très grande suggestibilité qui met le sujet
dans un état de conscience seconde et de
dépendance spéciale à
l'égard de l'hypnotiseur.
Attitude de la conscience à laquelle l'homme
recourt pour
fuir l'angoisse et se masquer sa liberté. C'est une forme de
mensonge, qui a cette particularité d'être
mensonge
à soi. Par la mauvaise foi, l'homme fuit sa
qualité de
sujet libre (pour-soi) pour se donner comme en-soi ou objet ou chose.
Le sujet s'attribue alors une nature ou se cache derrière
des
déterminismes.
Forme de gouvernement dans lequel le pouvoir est entre les mains d'un seul. Une monarchie peut être absolue, quand tous les pouvoirs sont effectivement entre les mains d'un seul, sans qu'aucun autre pouvoir ne vienne équilibrer ou contre-balancer le premier; ce qui au contraire le cas dans une monarchie constitutionnelle dans laquelle les pouvoirs du monarque sont définis et limités par une Constitution.
Concept capital de la psychanalyse formé par
Freud et désignant le processus psychologique inconscient et
dynamique de défense du Moi, qui rejette dans l'inconscient
toutes les pulsions et désirs qui sont en
désaccord avec la censure de la conscience morale ou Surmoi
ou avec la situation extérieure matérielle ou
sociale.