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Si l'on se bat, on peut être battu
(Jean-Paul Sartre)



Lexique

Parce que le vocabulaire est très important en philosophie, vous avez accès depuis cette page à un petit dictionnaire de la philosophie en ligne. Il va s'enrichir progressivement de nouvelles définitions, alors venez le consulter régulièrement !






Absolu

- Qui ne comporte ni exception ni restriction. ex. nécessité absolue, pouvoir absolu.

- Ce qui est en soi et par soi, indépendamment de toute autre chose.

 [opp. Relatif]


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Absurde

Dénué de sens et/ou illogique, contradictoire.


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Accident/Accidentel

Ce qui existe non en soi-même mais en une autre chose; ex. la forme ou la couleur appartiennent à une chose qui subsiste en elle-même; par suite, ce qui peut être modifié ou supprimé sans que la chose elle-même change de nature ou disparaisse. Désigne une propriété non essentielle d'une chose. [voir Essence/Essentiel]


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Acte (en -)

En philosophie, depuis Aristote, on oppose ce qui existe en acte à ce qui existe en puissance. Ce qui existe en acte est pleinement réalisé, alors que ce qui existe en puissance existe seulement potentiellement, virtuellement. Ex.: la plante existe dans la graine en puissance.


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Actes manqués

Chez Freud : Les actes manqués désignent dans le cadre de la théorie psychanalytique les lapsus, oublis, pertes d'objets etc. que l'on interprète naturellement comme des accidents, de simples 'ratés' insignifiants, mais que Freud voit comme des manifestations d'intentions, de désirs inconscients refoulés par la conscience.


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Ad hominem (argument)

Type d'argument polémique par lequel on attaque non pas les idées de l'adversaire mais sa personne même ou tel ou tel trait de sa personnalité. On cherche à le disqualifier, sans même discuter ce qu'il dit.


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Adéquation

Correspondance exacte. Terme utilisé en particulier pour définir la vérité comme correspondance du discours et du réel. (voir fiche sur la vérité)


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Agnostique/agnosticisme

Position de celui qui n'affirme ni ne nie l'existence de Dieu car il considère que la raison humaine ne nous le permet pas. [différent d'Athée]


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Aliénation

Etat dans lequel se trouve un homme ou un groupe d'hommes qui sont privés de liberté, qui ne s'appartiennent pas (être aliéné = être étranger à soi) du fait d'un contexte politique, social ou économique (par exemple chez Marx, dans le système capitaliste).

Peut désigner aussi, de manière purement descriptive et non plus critique, le processus par lequel les hommes cèdent une part de leur pouvoir sur eux-mêmes à l'Etat dans les théories politiques contractualistes (voir Hobbes, Locke ou Rousseau par exemple).


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Altérité

Caractère de ce qui est autre. S'interroger sur l'altérité, c'est s'interroger sur ce qui est autre que nous; sur notre relation à lui; sur nos moyens de le connaître (qu'il s'agisse de l'autre homme, du monde extérieur par exemple); sur la question de savoir par exemple si nous pouvons exister sans autrui, si cette relation à l'altérité nous constitue ou menace notre identité...
 [opp. Identité]


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Amour de soi-même / Amour-propre

Chez Rousseau :
"Il ne faut pas confondre l’amour-propre et l’amour de soi-même; deux passions très différentes par leur nature et par leurs effets. L’amour de soi-même est un sentiment naturel qui porte tout animal à veiller à sa propre conservation et qui, dirigé dans l’homme par la raison et modifié par la pitié, produit l’humanité et la vertu. L’amour-propre n’est qu’un sentiment relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus cas de soi que de tout autre, qui inspire aux hommes tous les maux qu’ils se font mutuellement et qui est la véritable source de l’honneur."
(Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, note 15)


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Angoisse

Chez Sartre : conscience que notre responsabilité est engagée par chacun de nos actes, parce que nous sommes libres, que nous sommes sans excuses. Fondamentalement, c'est dans et par l'angoisse que l'homme prend conscience de sa liberté.

[opp. Mauvaise foi]


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Antinomie

Contradiction


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Apodictique

Caractère nécessaire et universel de la vérité d'une proposition, d'un jugement.
Se distingue chez Kant de : assertorique (qui est vrai, mais de manière contingente) et de problématique (qui est seulement possible).


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Aporie, aporétique

Un raisonnement est dit aporétique quand il débouche sur une impossibilité de conclure, de donner une réponse au problème examiné. L'impasse à laquelle on arrive alors s'appelle une aporie. De nombreux dialogues de Platon, sont ainsi dits aporétiques en ce que Socrate amène ses interlocuteurs à remettre en cause leurs opinions premières sur telle ou telle notion, jusqu'à ce qu'ils prennent conscience de leur ignorance, des contradictions dont ils sont victimes, du fait de mauvaises définitions de départ. Si une telle découverte ne produit pas nécessairement un nouveau savoir, au moins a-t-elle la vertu de nous dévoiler notre ignorance, d'écarter de fausses solutions et de nous engager à rechercher la vérité.


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Aristocratie

Terme qui désigne une forme de gouvernement, celui des "meilleurs" (aristoï en grec ancien signifie effectivement "les meilleurs"). L'aristocratie est une forme d'oligarchie.

[diff. Monarchie, Démocratie]


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Ataraxie

Terme d'origine grecque qui désigne "l'absence de trouble" de l'âme que des écoles philosophiques antiques (stoïcisme, épicurisme, cynisme notamment) définissent comme étant l'idéal à atteindre dans l'existence. Cette "tranquilité de l'âme" est atteinte par le sage qui grâce à l'usage de sa raison, à la philosophie, est parvenu à vaincre les causes des malheurs et des souffrances qui assaillent les autres hommes (ces derniers sont souvent qualifiés d'insensés parce qu'ils vivent leur vie sans y penser, sans la penser, sans souci éthique).

On peut cependant relever que le bonheur atteint dans l'ataraxie est un bonheur essentiellement négatif, en ce qu'il consiste en l'absence des causes de souffrance et non en l'expérience positive d'un plaisir ou d'une satisfaction.


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Athée/athéisme

Attitude de celui qui nie l'existence de Dieu.


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Atomisme

Doctrine philosophique pour laquelle la matière est constituée d'atomes, c'est-à-dire d'éléments premiers insécables. L'épicurisme par exemple est une école philosophique atomiste.


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Autonomie

Etymologiquement, autonome signifie "qui se donne à soi-même sa loi". L'autonomie définit une certaine forme de liberté que l'on rencontre souvent en philosophie. Elle implique qu'être libre ce n'est pas seulement suivre l'impulsion du moment, "être spontané" comme on dit beaucoup aujourd'hui, mais que cela signifie suivre les principes ou règles dont notre raison nous aura montré la valeur; règles que nous nous sommes données à nous-même. Ainsi la notion d'autonomie nous permet de voir qu'être libre ce n'est pas agir en l'absence de toute règle.

Chez Kant par exemple, c'est en obéissant à la loi morale, découverte grâce à notre raison, que l'homme fait l'expérience la plus sûre de sa liberté.

Chez Rousseau, une formule, utilisée cette fois dans le contexte de la réflexion politique, exprime de manière nette cette idée de la liberté comme autonomie : "l'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté" (Du Contrat Social, Livre I, chap. VIII)


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Axiome / Postulat

A l'origine (chez Euclide) : Un axiome est une proposition non démontrée qui sert de base dans un système déductif et qui est considérée comme évidente par elle-même. Se distingue dans ce sens-là du postulat qui est posé à titre d'hypothèse, de manière conventionnelle, sans que l'on se prononce sur sa vérité ou sa fausseté, et dont la fonction est purement opératoire.

A l'époque moderne, la distinction entre axiomes et postulats tend à disparaître à mesure que l'approche formaliste l'emporte dans les mathématiques, c'est-à-dire la tendance à concevoir un système mathématique comme un pur système hypothético-déductif : La question de sa vérité au sens de son adéquation au réel n'étant plus posée, le seul critère de la validité dudit système étant alors celui de sa cohérence interne.

Voir cours sur la démonstration et spécialement le texte de Robert Blanché sur les géométries non-euclidiennes.


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Conscience

1) Sens général : Connaissance plus ou moins claire que possède le sujet du monde qui l'entoure ainsi que de lui-même (du fait qu'il existe, de ce qui se passe en lui). On parle alors de conscience psychologique. Celle-ci peut-être immédiate, spontanée ou réfléchie quand le sujet fait retour sur lui-même pour prendre conscience de ses états d'âmes ou d'une situation dans laquelle il est pris. Le fait que l'homme possède la conscience implique un "recul néantisant" par rapport au monde, comme dit Sartre, une mise à distance de celui-ci qui explique que notre présence au monde n'est pas celle des choses : l'homme n'est pas seulement dans le monde comme n'importe quel objet, mais il se le représente, il le pense; son rapport à lui est donc toujours, nécessairement, médiat. [Cf. Hegel, Sartre entre autres.]

2) Sens moral : Faculté qui permet à l'homme de juger du bien et du mal.


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Contingent/Possible/Nécessaire

Ces trois termes désignent trois manières d'être d'une réalité :

Est contingent, ce qui est (ou existe) mais aurait tout aussi bien pu ne pas être ou être autrement.

Est possible ce qui n'existe pas mais pourrait exister parce que non logiquement contradictoire et/ou compatible avec les lois de la nature.

Nécessaire : ce qui est et ne peut pas ne pas être, ou être autrement.


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Contrainte/Obligation

Une contrainte est une force extérieure qui s'exerce sur un individu et le détermine en proportion de sa puissance. Elle constitue un obstacle à la liberté ou à la volonté humaine : nous subissons une contrainte.

Une obligation est la conscience d'un devoir, elle est d'ordre moral et implique ma volonté, ma liberté : quand j'accomplis mon devoir, non par crainte d'une sanction extérieure seulement, mais parce que je reconnais la légitimité de la règle qu'il m'impose, je n'agis plus simplement par contrainte, mais je m'oblige. L'obligation ne s'oppose donc pas comme la contrainte à la liberté : Je choisis dans ce cas d'obéir.

Dans la pratique, une même action peut être soit une contrainte, soit une obligation, selon la manière dont je me rapporte à elle, dont je la vis... Ainsi, aller au lycée ou plus généralement au travail, peut être, selon que j'aime ce que je fais et que j'en vois le sens, vécu sur l'un ou l'autre mode...


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Convaincre

Action d'emporter l'adhésion de quelqu'un en utilisant des arguments rationnels, en faisant appel à sa raison, et non en usant de persuasion, c'est-à-dire en cherchant à le manipuler, le séduire, lui faire peur; en un mot en cherchant à agir sur ses sentiments ou passions. Chercher à convaincre quelqu'un, c'est le considérer comme un sujet, c'est-à-dire comme un être libre et raisonnable (qui possède la raison), comme un égal et donc comme une personne digne de respect d'un point de vue moral.

[opp. Persuader]


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Conviction/certitude

Ces deux termes que l'on peut facilement confondre entre eux, et pire, confondre avec une vérité, sont à distinguer.

Une conviction est une affirmation, une idée à laquelle le sujet qui la possède accorde un fort crédit. Il est convaincu de sa vérité, a priori parce qu'il y a réfléchi. Cependant, en tant que telle, une conviction reste subjective et la réflexion qui y a mené peut avoir abouti à une erreur. Une conviction ne diffère donc d'une simple opinion que par l'intensité avec laquelle j'y adhère; elle n'est pas plus fondée ou infaillible.

Le mot certitude peut lui, être entendu en deux sens, un sens faible et un sens fort.
- Dans le premier sens, "certitude" est synonyme de conviction : on parlera alors de certitude subjective. Ainsi je peux dire indifféremment que je suis convaincu ou que je suis certain que telle personne est sincère, alors qu'il se peut que je me trompe...
- Dans le sens fort, et plus juste du mot, une certitude désigne une affirmation dont je sais qu'elle est vraie, parce qu'elle a été démontrée ou prouvée. On pourra parler de certitude objective ou absolue. Ainsi Descartes peut-il parler de la certitude absolue du cogito.


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Cristallisation

"Laissez travailler la tête d'un amant pendant vingt-quatre heures, et voici ce que vous trouverez :

Aux mines de sel de Salzbourg, on jette dans les profondeurs abandonnées de la mine un rameau d'arbre effeuillé par l'hiver; deux ou trois mois après, on le retire couvert de cristallisations brillantes : les plus petites branches, celles qui ne sont pas plus grosses que la patte d'une mésange, sont garnies d'une infinité de diamants mobiles et éblouissants; on ne peut plus reconnaître le rameau primitif.

Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections.

Un voyageur parle de la fraîcheur des bois d'orangers à Gênes, sur le bord de la mer, durant les jours brûlants de l'été : quel plaisir de goûter cette fraîcheur avec elle ! Un de vos amis se casse le bras à la chasse : quelle douceur de recevoir les soins d'une femme qu'on aime ! Être toujours avec elle et la voir sans cesse vous aimant ferait presque bénir la douleur; et vous partez du bras cassé de votre ami pour ne plus douter de l'angélique bonté de votre maîtresse. En un mot, il suffit de penser à une perfection pour la voir dans ce qu'on aime."

(Stendhal, De l'amour, 1822)


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Critère

Signe grâce auquel on peut reconnaître une chose et la distinguer d'autres.

De nombreux sujets de dissertation invitent à rechercher un ou des critères pour reconnaître ou définir un objet particulier : recherche de critères permettant de distinguer la vérité (le consensus ? l'évidence ?...); recherche de ceux permettant de reconnaître une oeuvre d'art, par exemple.


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Déduction

Action de tirer d'une ou de plusieurs propositions données d'autres propositions qui en découlent nécessairement, qui y sont impliquées.

[opp. Intuition]


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Déisme

Doctrine qui admet l'existence d'un Dieu ou d'un être suprême, mais sans que cette affirmation soit liée à l'adhésion à des dogmes ou à une révélation, à la prescription de pratiques ou de rites particuliers. Autrement dit, un déiste n'adhère à aucune religion.

A distinguer du Théisme.


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Démocratie

Régime politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple, ou plus exactement aux membres de la société qui sont définis comme citoyens.

On peut distinguer la Démocratie directe dans laquelle les citoyens exercent réellement le pouvoir en siégeant dans les assemblées qui détiennent les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire; et la Démocratie représentative ou parlementaire dans laquelle les citoyens désignent des délégués, des représentants pour siéger dans ces assemblées.

[dist. Monarchie, Oligarchie]


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Déontologique / Conséquentialiste

Ces deux termes appartiennent au vocabulaire de la philosophie morale.

Une morale est déontologique quand elle évalue les actions en fonction de leur conformité avec des principes, c'est-à-dire avec des règles posées antérieurement à l'action et que celle-ci doit seulement appliquer.

Une morale est conséquentialiste quand la valeur morale de l'action est jugée en fonction de ses résultats, ses effets ou conséquences.

Ainsi, la morale kantienne est déontologique en ce que pour elle l'agent doit seulement se soucier de la conformité de son action avec la loi morale ("Ce qui fait que la bonne volonté est telle, ce ne sont pas ses œuvres ou ses succès"), sans prendre en compte les circonstances particulières de l'action; alors que la morale utilitariste est conséquentialiste, puisqu'il faut se demander avant d'agir si notre action va contribuer à augmenter ou diminuer le bonheur du plus grand nombre.


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Despote/Despotisme

Personne qui gouverne de manière absolue et arbitraire.
Un pouvoir est despotique quand il ne reconnaît aucune limite, quand il n'est pas lui-même soumis à la loi. Voir la distinction Etat despote et Etat de droit dans le cours sur la politique.


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Déterminisme

Le principe déterministe affirme que tous les phénomènes sont liés par des relations de causalité; que tout phénomène peut être considéré comme l'effet d'une ou plusieurs causes externes. Cette conception rejette l'idée de hasard ("Tout phénomène a une cause"), et est donc au fondement de toute démarche scientifique.

Si ce principe a d'abord été utilisé dans les sciences de la nature, il a ensuite été étendu à d'autres réalités : la sociologie l'a appliqué aux faits sociaux (cf les travaux fondateurs de Durkheim sur le suicide); la psychologie aux phénomènes mentaux (cf en particulier Freud et l'énoncé du principe du déterminisme psychique)

En philosophie, l'affirmation du déterminisme pose le problème de la réalité ou du caractère illusoire de la liberté humaine : l'homme est-il totalement soumis aux déterminismes ou bien y échappe-t-il d'une manière ou d'une autre ?


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Discursif, discursive

Une pensée ou une connaissance est dite discursive quand elle a été obtenue ou construite par étapes, en élaborant un raisonnement. Cela s'oppose à l'idée d'une connaissance qui serait intuitive, l'objet d'une intuition.

[opp. Intuitif]


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Divertissement

Chez Pascal : le divertissement désigne toutes les activités dans lesquelles les hommes s'engagent ou "se jettent" comme on pourrait dire aujourd'hui pour s'étourdir, se détourner de penser à leur "condition faible et mortelle" comme dit Pascal dans les Pensées. Ce peut être aller à la chasse (activité symbolique parce que ce qui compte ce n'est pas d'attrapper un lapin mais de courir après), faire la guerre, devenir roi... ou faire de la philosophie ! Car toutes ces activités nous détournent de rechercher notre salut en Dieu.


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Dogmatique/Dogmatisme

1) Sens courant : être dogmatique c'est affirmer quelque chose de manière catégorique, péremptoire, sans recul critique. Faire preuve de dogmatisme (sens péjoratif) : manquer d'ouverture d'esprit, de sens des nuances, être fermé au dialogue et à la critique.

2) Histoire de la philosophie : terme utilisé par les penseurs sceptiques pour désigner leurs adversaires qui prétendent pourvoir atteindre la réalité en soi grâce à la raison (alors que les sceptiques s'en tiennent à la réalité pour nous, aux phénomènes).


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Dogme

Point fondamental, considéré comme incontestable, d'une religion. Par extension, toute affirmation présentée comme indiscutable.


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Dualisme

Voir Monisme


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Empirique

- Ce qui est relatif à l'expérience.

- Savoir acquis grâce à une ou des expériences, par opposition à une connaissance théorique.


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Empirisme

Doctrine philosophique qui affirme que toutes nos connaissances viennent de l'expérience, de l'observation, c'est-à-dire ont pour source nos sens. Les empiristes (Locke, Hume par exemple) nient l'existence d'idées innées en notre esprit (cf. Descartes au contraire) ou de toute connaissance a priori. L'idée de causalité par exemple n'est qu'un produit de notre expérience, de l'habitude que nous avons de voir une chose en suivre toujours une autre. Nous appelons alors la première l'effet et la seconde la cause.


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En fait/En droit

Ce qui existe en fait désigne simplement ce qui existe, par exemple le pouvoir d'un tyran tant qu'il se maintient au pouvoir existe en fait. Pour autant, cela n'empêche pas de se demander ce qui légitime ou justifie ce pouvoir, autrement dit de s'interroger sur la question de savoir s'il est fondé en droit.

Voir également la distinction légal/légitime.


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Erreur / Mensonge / Illusion

On commet une erreur quand on émet un jugement qui n'est pas conforme à la vérité et ceci involontairement.


Si c'est de manière intentionnelle ou volontaire que l'on cache la vérité à autrui, alors qu'on la connaît, alors il s'agit d'un mensonge et non plus d'une erreur.

Si je commets une erreur, mais que l'on peut supposer que sa cause se trouve dans un désir inconscient de se tromper parce que cette erreur m'arrange ou me rassure, on peut parler alors d'une forme de mensonge à soi ou de mauvaise foi au sens de Sartre, mais on définit alors une illusion (ex. l'illusion du libre arbitre chez Spinoza ou de la souveraineté de la conscience dans notre vie psychique chez Freud).


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Essence/Essentiel

Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est par opposition à ses modifications superficielles ou temporaires (accidents).


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Eudémonisme

Doctrine affirmant que la finalité de la vie est le bonheur, faisant de celui-ci le souverain Bien. On parlera ainsi de l'épicurisme comme d'une morale ou d'une éthique eudémoniste.


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Existentialisme

Philosophie qui place l'existence au centre de la réflexion. L'existentialisme met en avant la liberté individuelle, la responsabilité et la subjectivité.

Pour en savoir plus sur l'existentialisme de Sartre en particulier : Voir ici


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Extrinsèque

Qualité ou caractéristique d'un objet qui lui appartient par accident, ou plutôt, qui lui est attribuée de l'extérieur par exemple de manière conventionnelle ou arbitraire.


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Finalisé

Conforme à une fin, orienté vers une fin (au sens de but).

Attention : rien à voir avec le sens actuel du mot utilisé à la place de "terminé", comme dans l'expression "J'ai finalisé mon projet"...


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Finalisme

Doctrine qui affirme que la réalité considérée, que ce soit l'univers en général, un organisme vivant, l'existence ou l'histoire humaine ont un sens, une finalité.


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Fortune

1) Sens courant : synonyme de richesse matérielle.

2) Dans les textes philosophiques, le mot désigne le plus souvent la chance ou le hasard, c'est-à-dire ce qui échappe à la volonté et au contrôle de l'homme.


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Hédonisme

Doctrine qui fait du plaisir le principe ou le but de la vie.


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Heuristique

On parle de la valeur ou de la fonction heuristique d'une hypothèse ou d'une théorie pour signifier qu'elle permet des découvertes (du grec heurískô qui veut dire trouver), qu'elle est féconde.

N.B. : on peut juger qu'une hypothèse possède cette valeur indépendamment de la question de sa vérité, au sens classique du terme. On rejoint alors les positions pragmatiques ou conventionnalistes.


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Hubris

Démesure en grec ancien.


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Hypnose

Sommeil artificiel provoqué, analogue au somnambulisme spontané, se distinguant du sommeil normal par le maintien des perceptions sensorielles, la concentration possible de l'attention et de l'action, un électro-encéphalogramme comparable à celui de l'état de veille. D'autre part, une altération ou déformation des conditions normales de la mémoire et de la personnalité et surtout une très grande suggestibilité qui met le sujet dans un état de conscience seconde et de dépendance spéciale à l'égard de l'hypnotiseur.


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Idéalisme

1) Théorie de la connaissance : Courant philosophique qui accorde aux idées un rôle prééminent dans le réel. Les idées peuvent être soit conçues comme la véritable réalité par opposition aux apparences sensibles (cf. Platon), soit comme ce qui ordonne et oriente le monde (cf. Hegel et sa Phénoménologie de l'esprit ou sa philosophie de l'histoire).

2) Sens moral ou politique : Attitude qui consiste à adopter un point de vue général et abstrait sur une situation, un phénomène; fait de ne pas assez prendre en compte la réalité.


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Immanent

Qui est intérieur à un être, à un objet, qui résulte de sa nature.

[opp. à Transcendant]


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Intelligible

1) Compréhensible, que l'on peut saisir par l'intelligence.

2) Peut désigner un type d'objet ou un ordre de réalité que seule l'intelligence ou l'esprit peut saisir ou atteindre. Ce qui échappe aux sens (ex. le monde intelligible de Platon).

[opp. à Empirique dans le sens 2]


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Intrinsèque

Qui appartient de manière indissociable à la chose considérée; qui est inclus dans sa définition ou dans sa nature.

[opp. extrinsèque]


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Intuition

Du latin intuitus, "regard". Mode d'accès immédiat à la vérité, sans la médiation d'un raisonnement, la mise en oeuvre d'étapes ou de procédures intellectuelles pour parvenir au vrai. Saisie du vrai par une sorte de "vision" de l'esprit.


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Langage/langue/parole

Ces termes sont souvent pris pour synonymes, mais il faut pourtant les distinguer :

Le langage désigne la faculté humaine (universelle) d'exprimer nos pensées au moyen de signes.

Une langue est un système de signes particulier à une communauté donnée qui réalise la faculté de langage.

Ainsi, pour simplifier, on peut parler du langage, au singulier; mais en revanche des langues.

Enfin, la parole désigne la mise en œuvre subjective de la faculté de langage par un locuteur.


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Légal/légitime

Est légal ce qui est conforme à la loi établie ou au droit positif, à la législation qui existe en fait, à un moment donné de l'histoire, dans une société donnée.

Est légitime, ce qui est conforme au juste ou au Bien, tels qu'ils peuvent être conçus dans le cadre d'une certaine philosophie morale, du droit naturel ou d'une théorie de la justice.


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Lumière naturelle

Expression qui était utilisée à l'époque classique pour désigner la raison c'est-à-dire la capacité humaine de distinguer le vrai du faux, de parvenir à la connaissance, indépendamment de la grâce, de l'aide de Dieu ou des vérités révélées (lumière surnaturelle).


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Matérialisme

Doctrine qui affirme que rien d'autre n'existe que la matière. (cf. par exemple la philosophie épicurienne)


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Mauvaise foi

Attitude de la conscience à laquelle l'homme recourt pour fuir l'angoisse et se masquer sa liberté. C'est une forme de mensonge, qui a cette particularité d'être mensonge à soi. Par la mauvaise foi, l'homme fuit sa qualité de sujet libre (pour-soi) pour se donner comme en-soi ou objet ou chose. Le sujet s'attribue alors une nature ou se cache derrière des déterminismes.


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Mécaniste

Adopter un point de vue mécaniste sur un phénomène (la société, le vivant...), c'est le considérer comme une machine, ou le penser à l'image de la machine.

Cette attitude est souvent qualifiée de réductionniste par ceux qui considèrent que les phénomènes en question sont alors appauvris, réduits dans leur complexité, par cette comparaison ou plutôt cette assimilation à de purs mécanismes. On cite souvent dans ce sens la théorie cartésienne de l'"animal-machine".

Mais on peut voir cela d'un autre point de vue, et considérer l'approche mécaniste, dans les sciences du vivant par exemple, comme une manière de simplement modéliser une réalité, non pour la réduire à l'image ainsi construite, mais pour permettre à l'esprit humain de l'appréhender, de la connaître.


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Médiat

Qui est en relation avec une autre chose par un ou plusieurs intermédiaires.


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Moeurs

Les moeurs désignent des "manières de vivre, des usages, coutumes, préjugés, qui varient chez les différents peuples et dans les différents siècles", ou des "habitudes considérées par rapport au bien ou au mal dans la conduite de la vie" (selon le dictionnaire d'Emile Littré).


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Monarchie

Forme de gouvernement dans lequel le pouvoir est entre les mains d'un seul. Une monarchie peut être absolue, quand tous les pouvoirs sont effectivement entre les mains d'un seul, sans qu'aucun autre pouvoir ne vienne équilibrer ou contre-balancer le premier; ce qui est au contraire le cas dans une monarchie constitutionnelle dans laquelle les pouvoirs du monarque sont définis et limités par une Constitution.

[Diff. Oligarchie, Démocratie]


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Monisme

Doctrine qui affirme que tout ce qui est est en dernier ressort réductible à une seule réalité fondamentale.

exemple : le monisme de Spinoza opposé au dualisme de Descartes qui lui affirme qu'il existe deux substances, la matière et l'esprit ou, concernant l'homme, qu'il est constitué de deux réalités distinctes, l'âme et le corps.

[opp. Dualisme]


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Moyen/fin

Moyen : Objet ou pratique dont la valeur est relative à un but, ou une fin, extérieure à cet objet même; ce qui permet de parvenir à un résultat qui, lui, est ce qui est réellement recherché. Ainsi, on peut pratiquer un sport comme moyen d'être en bonne santé ou on peut se cultiver pour briller dans les soirées de l'ambassadeur...

On peut également considérer autrui comme un moyen et donc comme un objet, alors que son statut moral de personne réclame que nous n'oubliions jamais qu'il doit toujours être également considéré comme une fin (cf. morale de Kant, texte sur La personne; Sartre et ses analyses du sadisme).

La fin a une valeur absolue et détermine la valeur relative des moyens.

Cette distinction est également pertinente en philosophie politique évidemment, quand il s'agit de s'interroger sur la fameuse question de savoir si "la fin justifie les moyens"... On peut alors évoquer, comme représentants d'une toute autre manière de penser que celle des moralistes, à Machiavel ou au courant utilitariste.


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Oligarchie

Étymologiquement, un pouvoir est oligarchique quand il est entre les mains d'un groupe de personnes (ni un seul, comme dans une monarchie; ni tous comme dans une démocratie, du moins selon le principe...).

Dans les faits, un pouvoir est dit oligarchique de manière polémique quand on veut signifier par là qu'il est accaparé par quelques-uns qui l'ont confisqué aux autres.


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Origine / Fondement

- Toute réalité (concrète ou non : une pratique, une institution ou une idée) a une origine, c'est-à-dire une cause : elle est apparue à un certain moment de l'histoire, prise dans une certaine série d'événements. "Tout a une origine", même les pratiques, les institutions, ou les idées les plus absurdes ou les plus mauvaises : la lapidation des femmes adultères, l'esclavage etc...

- En revanche, tout ce qui est n'est pas forcément fondé, ou n'a pas nécessairement de fondement, c'est-à-dire de justification rationnelle, de raisons. C'est ce qu'ont montré, justement à propos d'institutions telles que celles que j'ai citées plus haut, les philosophes dits "des Lumières" : la pratique de la persécution et de la torture pour des motifs religieux, avait sans doute de très anciennes origines quand elle était encore pratiquée au XVIIème siècle par l'Eglise catholique; cela n'a pas empêché un auteur comme Pierre Bayle de la dénoncer comme non fondée et non justifiable en raison. Idem pour les fameuses inégalités qui sont l'objet principal de réflexion de Rousseau dans son célèbre Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes : il retrace l'histoire qui les a vues naître et s'établir, mais ceci pour mieux montrer leur absence de fondement ou de justification.


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Pitié

Sentiment de tristesse que nous ressentons à la vue de la souffrance ou de la détresse d'autrui et qui nous pousse à vouloir l'en délivrer.


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Pratique

Dans le sens large, qui concerne l'action, par opposition à ce qui est théorique.

Chez Kant, synonyme de "moral". Ainsi chez lui, un principe pratique désigne une loi ou une règle morale et non pas, comme on pourrait le croire en se référant au langage courant aujourd'hui, une régle "utile".


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Psychique

Qui est relatif à l'âme, à l'esprit, c'est-à-dire aux facultés intellectuelles, morales ou aux émotions.


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Rationalisme

1) (sens le plus large) Doctrine qui attribue à la raison humaine la capacité de connaître et d'établir la vérité.

2) Doctrine selon laquelle la connaissance procède de principes a priori, indépendamment de l'expérience.

(opp. à l'empirisme)


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Refoulement

Concept capital de la psychanalyse inventé par Freud et désignant le processus psychologique inconscient et dynamique de défense du Moi, qui rejette dans l'inconscient toutes les pulsions et désirs qui sont en désaccord avec la censure de la conscience morale ou Surmoi ou avec la situation extérieure matérielle ou sociale.


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Relatif

- Qui consiste en une relation, ou qui n'existe qu'en vertu d'une relation.

- Qui ne se suffit pas à soi-même.


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Scepticisme

1) Dans l'antiquité grecque (IVème siècle av. J.-C.), doctrine selon laquelle la raison humaine est incapable de parvenir à aucune connaissance ou vérité. Les sceptiques en concluent que nous ne pouvons rien affirmer au sujet de rien et qu'il ne nous reste qu'à suspendre notre jugement, c'est-à-dire à pratiquer l'epochè. (=Pyrrhonisme, du nom du principal représentant de cette école).

2) Dans un sens plus large et modéré, le scepticisme s'oppose au dogmatisme en s'opposant à sa prétention à connaître la réalité en-soi des phénomènes, qui plus est par le seul recours à la raison spéculative.


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Scientisme

Désigne le fait de penser que les sciences sont le modèle de toutes les connaissances et qu'elles peuvent apporter des solutions à tous les problèmes que peut rencontrer l'homme, y compris hors du champs spécifique des sciences (par ex. dans le domaine moral ou politique).


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Sensible

Ce qui est ou peut-être perçu par les sens. S'oppose à intelligible.


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Solipsisme

Conséquence extrême d'une attitude idéaliste, le solipsisme consiste à affirmer que la seule réalité est le moi pensant lui-même et que l'existence du monde extérieur (incluant les autres sujets) n'est qu'une illusion ou représentation du moi. Aucun philosophe n'a réellement et durablement défendu cette position, mais elle a pu être envisagée comme moment dans une réflexion (cf. en particulier Descartes, deuxième Méditations métaphysiques).


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Syndrome

Ensemble de symptômes morbides qui forment une unité pathologique.


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Téléologique

Qui concerne ou suppose un rapport de finalité.


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Tempérance

Modération des désirs, des passions.


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Théisme

Doctrine qui admet l'existence d'un Dieu unique et personnel, cause transcendante du monde.

A distinguer du Déisme.


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Théodicée

(de théos, Dieu et dikè, la justice)

Tentative pour rendre compte, grâce à la raison, du paradoxe de l'existence du mal et de l'existence d'un Dieu à la fois pensé comme Bon, Tout-puissant et Omniscient.

La théodicée la plus célèbre est l'œuvre de Leibniz qui dans l'ouvrage du même nom tente de concilier ce qui parait irréconciliable. Ce qui lui vaudra d'être plus tard raillé et caricaturé par Voltaire dans Candide.

On peut considérer d'autre part, que les philosophies de l'histoire (notamment celles de Kant ou Hegel) ont été aussi des formes de théodicées, mais pensées cette fois dans le temps.


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Transcendant

Ce qui est au-delà ou dépasse le domaine ou l'objet considéré; ce qui lui est extérieur.

[opp. à Immanent]


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Utilitarisme

Doctrine morale et juridique pour laquelle le principe d'action est le "principe d'utilité". Une action moralement bonne est une action qui favorise "le plus grand bonheur du plus grand nombre". Il s'agit d'une morale conséquentialiste.

Principaux représentants : Jeremy Bentham (1748-1832) et John Stuart Mill (1806-1873).


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Vérité

On peut distinguer différentes définitions de la vérité : la vérité-adéquation ou la vérité-cohérence; ou encore les vérités de fait et les vérités de raison. Pour une explication de ces nuances, voir les fiches de cours sur La vérité et La démonstration.

Voir aussi dans la même fiche sur la vérité la conception pragmatiste de William James.


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Vitalisme

Le vitalisme est une position philosophique concernant le vivant. Elle affirme que chaque être, chaque corps vivant est gouverné et animé par un "principe vital" irréductible aux lois physico-chimiques.


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