Bibliographie


Voici une liste de livres qui vous permettront d'aborder la réflexion philosophique. Il n'y a pas dans cette liste que des livres de philosophie, mais ils peuvent tous amener à s'interroger sur des problèmes philosophiques ou permettent d'acquérir une culture nécessaire pour mieux aborder certaines interrogations.

Les références sont organisées en différentes rubriques :






Liste complète (ordre chronologique)



Platon, Apologie de Socrate, (-390)

Athènes, 399 avant notre ère. Socrate, citoyen sans fortune ni pouvoir politique, comparaît devant le Tribunal de la cité. Quels sont les faits reprochés ? On l'accuse de ne pas reconnaître l'existence des dieux traditionnels, d'introduire de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse. Face à ses juges, Socrate assure seul sa défense et met en garde les Athéniens : le philosophe est un bienfait pour la cité et celle-ci se condamne elle-même en mettant à mort son héros. Mais le verdict est sans appel : la condamnation à mort.

Elevée au rang de mythe fondateur de la philosophie, l'Apologie de Socrate expose les exigences d'une vie vertueuse telle que la défend Socrate : amour du savoir, souci du vrai, recherche de l'acte et du mot justes.


 Découverte 

Platon, Gorgias, (-387)

Un des plus grands dialogue de Platon qui traite de la rhétorique, de la philosophie, de la justice entre autres ! Le ton est vif, on y voit Socrate à l’œuvre dans des "interrogatoires" exigeants de ses interlocuteurs. Une bonne introduction à la philosophie !


 Découverte 

Epicure, Lettre à Ménécée, (-296)

Cette lettre d’Épicure à un disciple porte sur la question du bonheur. Épicure enseigne ici que le bonheur est accessible à celui qui fait un bon usage de sa raison car elle seule peut, par la compréhension du monde, dissiper les causes de troubles.




Sénèque, Lettres Lucilius, (64)

Vivre en accord avec le destin, se défaire du superflu, adopter une attitude digne face à la mort et garder, en toutes circonstances, la tranquillité de l'âme : telles sont les leçons que Sénèque enseigne à son disciple Lucilius au fil de cette correspondance pédagogique. Manuel pratique à l'usage de l'apprenti stoïcien, les Lettres à Lucilius (1er siècle apr. J.-C.) nous exhortent de changer nos habitudes afin de nous changer nous-mêmes, et d'apprendre à mourir - pour essayer de vivre. (Présentation éditeur)


 Découverte 

Epictète, Manuel, (125)

Comme le titre l'indique, ce livre est un manuel, un recueil de conseils écrit par un des plus grands représentant du stoïcisme. Comment parvenir à la tranquillité de l'âme ? Comment supporter et les coups du destin et les dommages que les autres humains pourraient nous causer ?


 Découverte 

Machiavel, Le prince, (1532)

La pensée politique moderne s'est forgée dans le fameux Prince de Machiavel (1469-1527). L'ouvrage, écrit en 1513, a été publié à titre posthume en 1532. Nourri de la riche expérience du secrétaire florentin, il apparaît à la fois comme un traité politique et une réflexion sur l'histoire, où l'on voit dégagés, à travers de nombreux exemples, la nature du pouvoir politique, les moyens de son acquisition et de sa conservation, les causes de sa perte. En anatomiste de la chose politique, Machiavel met ainsi à nu les relations entre le prince et les gouvernés (le peuple autant que les grands), le jeu des passions à l'équilibre toujours fragile, l'articulation proprement politique enfin entre "fortune" et "vertu", où vient se révéler, dans ce qu'il appelle "l'occasion", le bon prince, c'est-à-dire le prince prudent. (Présentation éditeur)


 Découverte 

La Boétie, Discours de la servitude volontaire, (1576)

Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l’œuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir. (Présentation éditeur)


 Découverte 

Hobbes, Le citoyen, (1642)

Un des ouvrages fondateurs de la pensée politique moderne contractualiste. Hobbes sera plus tard l'un des interlocuteurs les plus importants de Rousseau lorsqu'il écrira son Contrat social (mais aussi le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes).


 Approfondissement  

Descartes, Les passions de l'âme, (1649)

Dernier ouvrage publié par Descartes de son vivant, Les Passions de l'âme (1649) peut faire figure de testament philosophique. On y trouve, en effet, une série de réflexions qui viennent approfondir, préciser, parfois même rectifier les thèses du philosophe sur des points essentiels de sa recherche, en particulier l'élaboration de sa propre morale. La liberté, les rapports de l'âme et du corps, l'affirmation d'un individu moral : tels sont encore, parmi d'autres, les sujets abordés. (Présentation de l'éditeur)


 Approfondissement  

Pascal, Pensées, (1670)

Ouvrage posthume de Pascal, formé à partir des liasses qu'il avait constituées de son vivant dans le projet d'écrire une "apologie de la religion chrétienne". Au-delà de la démarche apologétique, ce livre est une étude très fine et acérée de l'homme et de sa condition. Beaucoup de ces "pensées" sont de courts aphorismes qui manient l'ironie et même, une forme d'humour (noir).




Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, (1755)

Rousseau entreprend ici de répondre à une question posée par l'Académie de Dijon : "Quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?" Pour ce faire, il essaie d'imaginer l'homme à l'état de nature et se demande comment et pourquoi sont nées les premières sociétés.


 Approfondissement  

Rousseau, Du contrat social, (1762)

"Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une œuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?" (Présentation éditeur)


 Approfondissement  

Sade, Dialogue entre un prêtre et un moribond, (1782)

Dialogue décapant entre un athée en train de mourir et un prêtre qui vient l'inviter à se repentir et à se tourner vers Dieu. Un livre pas très "religieusement correct"...


 Découverte 

Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?, (1787)

"Sapere aude (ose savoir). Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières." Dans ce texte manifeste de la philosophie des Lumières, Kant établit que l'accès à la libre pensée est possible pourvu que la loi garantisse la liberté d'expression. (Présentation éditeur)


 Découverte 

Mill (John Stuart), De la liberté, (1859)

"Le sujet de cet essai est la liberté sociale ou civile : la nature et les limites du pouvoir que la société peut légitimement exercer sur l'individu. Cette question, bien que rarement posée ou théorisée, influence profondément les controverses pratiques de notre époque par sa présence latente et devrait bientôt s'imposer comme la question vitale de l'avenir." (Extrait)




Mill (John Stuart), L'utilitarisme, (1861)

"Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863. Il s'inspire de la morale de Bentham, fondateur de l'utilitarisme à la toute fin du XVIIIe siècle, qui partait du principe que le plaisir est l'unique but de l'existence. Mill, son disciple, a su comprendre que même une philosophie utilitaire ne saurait se passer d'une conscience et il a voulu la doter d'un sentiment du devoir et d'une obligation morale. Bentham avait lancé la formule : chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l'intérêt de l'individu à l'intérêt universel. Sans combattre ce point de vue, Mill observe qu'on trouve d'autant mieux le bonheur personnel qu'on le cherche moins, et qu'on y parvient en travaillant au bonheur des autres, à l'amélioration du sort de l'humanité."


 Approfondissement  

Freud, L'avenir d'une illusion, (1927)

L'illusion à laquelle Freud s'attaque ici est la religion. Selon le père de la psychanalyse, nous avons créé les dieux, la Providence et la morale divine pour répondre au désir archaïque et infantile d'être rassurés - contre l'incompréhensibilité du monde, l'angoisse de la mort et la violence des rapports humains. Toutefois, la religion n'a rendu les hommes ni plus moraux ni plus heureux. Pour Freud, elle a fait son temps : grâce à la science, l'humanité va sortir de l'enfance, et l'illusion s'écroulera. Mais sur quoi fonder alors la moralité ? En privant l'homme des croyances religieuses, ne risque-t-on pas de basculer dans le chaos ? Enfin, la science n'apparaît-elle pas elle-même comme un nouvel objet de croyance ?




Freud, Le malaise dans la culture, (1929)

Sommes-nous faits pour le bonheur ? A lire cet essai de 1930, on peut en douter, notre existence étant plutôt caractérisée, selon Freud, par la violence, la souffrance et l'insatisfaction... Utilisant la théorie des pulsions élaborée quelques années plus tôt dans Au-delà du principe de plaisir, il explique pourquoi l'agressivité, l'hostilité et la cruauté sont inhérentes au genre humain, il dégage ce qui les relie au plaisir et à l'amour, et il montre à quelles conditions la culture permet de contrôler les pulsions de mort....




Huxley (Aldous), Le meilleur des mondes, (1932)

Dans une société future, la science et la technique ont réussi à éliminer tous les tourments et les hasards de la condition humaine. Les humains vivent parfaitement heureux dans une société totalement inégalitaire dans laquelle plus rien ne compte que le divertissement, la consommation et la sexualité... ("Toute ressemblance avec une situation réelle ne serait que pure coïncidence" !)


 Découverte 

Russell (Bertrand), Éloge de l'oisiveté, (1935)

Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment. Argumentaire éditeur L’Éloge de l'oisiveté est une pépite dénichée dans l’œuvre immense et protéiforme de Bertrand Russell. Dans la grande tradition des essayistes anglais (Swift, Stevenson), il manie le paradoxe pour s'attaquer aux fondements mêmes de la civilisation moderne. Derrière l'humour et l'apparente légèreté du propos se cache une réflexion de nature à la fois philosophique et politique qui s'exprime avec une ironie mordante : "Il existe deux sortes de travail : le premier consiste à déplacer une certaine dose de matière à la surface de la terre ; le second à dire à quelqu'un d'autre de le faire".


 Découverte 

Sartre (Jean-Paul), Huis clos, (1944)

Trois personnages arrivent en enfer et constatent qu'il n'y a ni fourches ni flammes... mais que "l'enfer c'est les autres".


 Découverte 

Sartre (Jean-Paul), L'existentialisme est un humanisme, (1946)

Ce petit livre est la transcription d'une conférence donnée par Sartre en 1946, quelques années après avoir publié son très important, mais difficile à lire, L'être et le néant. Il y présente les idées phares du courant existentialiste : une philosophie de l'existence, de la liberté.




Orwell (George), 1984, (1949)

1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. (...) Il décrit une Grande-Bretagne (...) où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression n'existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d'immenses affiches sont placardées dans les rues, indiquant à tous que "Big Brother vous regarde" (Big Brother is watching you).


 Découverte 

Gombrich (Ernst), Histoire de l'art, (1950)

Un des plus grands classiques de l'histoire de l'art. Ouvrage généraliste qui retrace l'histoire des arts de la préhistoire au début du XXème siècle.


 Découverte 

Arendt (Hannah), Condition de l'homme moderne, (1958)

Comme le titre l'indique, une réflexion de Arendt sur la condition moderne de l'homme, et spécialement sur les activités pratiques dans lesquelles l'humain est engagé : le travail, l'oeuvre et l'action. Un livre intéressant surtout pour repenser ce qu'il est maintenant (très) convenu d'appeler "la valeur travail" : ne sommes-nous plus que des travailleurs et des consommateurs ? Que sont devenues les autres activités humaines ?


 Approfondissement  

Kuhn (Thomas), La structure des révolutions scientifiques, (1962)

Comment les sciences progressent-elles ? Pas de manière linéaire et strictement cumulative, selon Thomas Kuhn. Le progrès des sciences voit alterner des périodes "normales" et des périodes de crises qui bouleversent la manière de voir le monde et de faire de la science à une époque donnée. L'auteur examine quelques épisodes-clés de l'histoire des sciences et montre également que l'édification du savoir scientifique est une œuvre éminemment humaine.


 Approfondissement  

Levin (Ira), Un bonheur insoutenable, (1970)

Li RM35M4419 dit Copeau, vit dans un monde totalement unifié et pacifié grâce à un ordinateur, Uni. Cette machine décide de tout, pour le bonheur de tous : des naissances, des mariages, de la profession de chacun etc. Les émotions et la violence sont contrôlées grâce à des traitements dispensés dans les médicentres. Uni sait à chaque instant où se trouvent chacun des membres de la "Famille" (l'humanité). Le bonheur et la stabilité sont donc assurés. Mais Copeau se pose des questions et ne se satisfait pas de ce bonheur payé au prix de la liberté...


 Découverte 

Le Guin (Ursula), Ceux qui partent d'Omelas, (1973)

Les habitants de la cité d'Omelas sont heureux et ont des vies aussi riches et pleines de sens qu'il est possible à des humains d'en avoir. Mais leur bonheur est basé sur un fait que tous connaissent et acceptent... sauf ceux qui partent.


 Découverte 

Chalmers (Alan F.), Qu'est-ce que la science ?, (1976)

« L’époque moderne tient la science en haute estime. La croyance que la science et ses méthodes ont quelque chose de particulier semble très largement partagée. Le fait de qualifier un énoncé ou une façon de raisonner du terme «scientifique» lui confère une sorte de mérite ou signale qu’on lui accorde une confiance particulière. Mais, si la science a quelque chose de particulier, qu’est-ce donc ? Ce livre est une tentative d’élucider cette question et d’aborder des problèmes de ce type. » A. F. C.

Premier bilan qui prenne en compte les développements les plus récents de la philosophie des sciences, Qu’est-ce que la science ? propose un panorama stimulant des grands travaux issus de l’école du positivisme logique qui, depuis quelques décennies, connaît un formidable essor dans le monde anglo-saxon. Karl Popper, Imre Lakatos, Thomas S. Kuhn et Paul Feyerabend sont ici expliqués par le menu.


 Approfondissement  

Rosset (Clément), Le réel et son double, (1976)

Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Le réel n'est généralement admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs. Cet essai vise à illustrer le lien entre l'illusion et le double, à montrer que la structure fondamentale de l'illusion n'est autre que la structure paradoxale du double. Paradoxale, car la notion de double implique en elle-même un paradoxe : d'être à la fois elle-même et l'autre.




Lacoste (Jean), La philosophie de l'art, (1981)

Il n'est pas besoin de rappeler la traditionnelle méfiance des philosophes envers l'art et les artistes. Ainsi la philosophie de l'art, inaugurée avec Platon, commence-t-elle paradoxalement par une condamnation des « beaux-arts » et de la poésie. Cependant la philosophie de l'art peut naître lorsque l'expérience esthétique devient problématique. Primitif, exotique, populaire, gothique, brut, naïf, l'art se charge lui-même de faire éclater toute définition canonique du beau, contestant les évidences esthétiques héritées du passé. La philosophie de l'art n'est donc pas dans la tête du philosophe : elle est requise par l'histoire récente de la définition des « beaux-arts ». Quelles questions l'art pose-t-il à la philosophie ? Quelle énigme, mais aussi quels défis, la figure de l'artiste représente-t-elle pour le philosophe ? (Présentation éditeur)


 Découverte 

Rosset (Clément), La force majeure, (1983)

La joie est, par définition, illogique et irrationnelle. La langue courante en dit là-dessus plus long qu'on ne pense lorsqu'elle parle de " joie folle " ou déclare de quelqu'un qu'il est fou de " joie ". Il n'est effectivement de joie que folle; tout homme joyeux est à sa manière un déraisonnant. Mais c'est justement en cela que la joie constitue la force majeure, la seule disposition d'esprit capable de concilier l'exercice de la vie avec la connaissance de la vérité. Car la vérité penche du côté de l'insignifiance de la mort, comme l'enseignait Nietzsche et l'enseigne aujourd'hui Cioran. En l'absence de toute raison crédible de vivre, il n'y a que la joie qui tienne, précisément parce que celle-ci se passe de toute raison. (Présentation éditeur)




Nagel (Thomas), Qu'est-ce que tout cela veut dire ?, (1987)

Une entrée dans la réflexion philosophique qui tourne le dos aux présentations académiques ou historiques. Ce petit livre présente, sous la forme de cours chapitre, des questions philosophiques "éternelles" dans une perspective contemporaine.


 Découverte 

Thuillier (Pierre), D'Archimède à Einstein, Les faces cachées de l'invention scientifique, (1988)

Qu'est-ce que la science ? Comment est-elle née ? Comment les scientifiques engendrent-ils leurs théories ? Disposent-ils d'une "méthode" définie une fois pour toutes et garantissant la "vérité" de leurs savoirs ? Est-il vrai que l'activité des physiciens et (les biologistes soit "objective" et "rationnelle" de part en part ? Existe-t-il des critères permettant de savoir à coup sûr s'il faut accepter ou rejeter une théorie nouvelle ? Peut-on tracer une limite claire et nette entre les sciences authentiques et les fausses sciences ? Dans des pages alertes et stimulantes, Pierre Thuillier nous propose en fait de réviser nos idées sur l'histoire des sciences et de comprendre, à travers des exemples précis, la formidable mécanique de la connaissance.




Méda (Dominique), Le travail. Une valeur en voie de disparition, (1995)

Quel est notre rapport au travail ? Quelle valeur lui accordons-nous ? Dominique Méda démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l'histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale de notre société. Cet ouvrage nous invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l'échange économique et le travail dans la fabrique du lien social, tout en proposant une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d'accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l'ensemble de la gamme des activités, qu'elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social. (Présentation éditeur)


 Approfondissement  

Arasse (Daniel), Histoires de peintures, (2004)

   Que fait-on quand on regarde une peinture ? A quoi pense-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter ce qu'il voit ?

L'auteur est historien d'art. A travers 25 études courtes, il invite son lecteur à une traversée de l'histoire de la peinture sur six siècles, depuis l'invention de la perspective jusqu'à la disparition de la figure.


 Découverte 

Renaut (Alain), Touraine (Alain), Un débat sur la laïcité, (2005)

"Un an après le vote de la loi sur le foulard islamique, il convient de faire le point. Fallait-il voter cette loi ? A-t-elle réglé les problèmes ? Deux auteurs bien connus ont choisi d’en débattre : Alain Touraine, sociologue, a fait partie de la commission Stasi dont le rapport a été à l’origine de la loi ; Alain Renaut, professeur de philosophie politique, est connu pour ses prises de position en faveur d’un multiculturalisme raisonné. Ils partagent les mêmes valeurs républicaines. Mais ils divergent sur les moyens à employer pour faire face à la montée du fondamentalisme musulman, sur les moyens de reconnaître les droits des minorités culturelles, sur le rôle de l’école. Alain Renaut est fondamentalement opposé à la loi et, d’une façon générale, très critique à l’égard de la politique française en matière de reconnaissance de la diversité culturelle. Alain Touraine continue de défendre la loi sur le foulard, dont il pense qu’elle a servi à marquer un cran d’arrêt dans la pénétration des fondamentalistes." (Présentation éditeur)

   On pourrait penser que bientôt 20 ans plus tard l'intérêt de ce livre a disparu. Pourtant, aujourd'hui encore, le débat sur les interprétations de la laïcité continue, il est même aujourd'hui plus dur, voire violent, car chaque "camp" lance des anathèmes sur les autres. Ce livre peut encore éclairer ces débats.


 Approfondissement  

Crawford (Matthew), Éloge du carburateur, (2009)

" La génération actuelle de révolutionnaires du management considère l'éthos artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l'exemple du consultant en gestion, vibrionnant d'une tâche à l'autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique. Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués. Imaginez à côté le plombier accroupi sous l'évier, la raie des fesses à l'air. "

Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle l'une des réflexions les plus fines qu'il nous ait été donné de lire sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.

Mêlant anecdotes, récit et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce " travail intellectuel ", dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l'" économie du savoir ", se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l'inverse, il restitue l'expérience de ceux qui, comme lui, s'emploient à fabriquer ou réparer des objets – ce qu'on ne fait plus guère dans un monde où l'on ne sait plus rien faire d'autre qu'acheter, jeter et remplacer. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d'un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l'" économie du savoir ".

" Retour aux fondamentaux, donc. Le carter moteur est fêlé, on voit le carburateur. Il est temps de le démonter et de mettre les mains dans le cambouis... "


 Découverte 

de Saint-Maurice (Thibaut), Philosophie en séries, (2009)

Les grandes séries sont aujourd’hui les programmes les plus regardés de la télévision. Ce succès ne tient pas seulement à leur qualité de divertissement : il tient aussi au fait que ces séries mettent en scène les grandes questions de l’existence. Desperate Housewives pose le problème du bonheur, Prison Break, celui de la liberté, tandis que Dr House confronte au problème de la recherche de la vérité et 24 Heures Chrono conduit à se demander si tout est permis pour lutter contre des terroristes. Pourquoi alors ne pas prendre le temps de les regarder autrement ? Pourquoi ne pas prendre au sérieux ces œuvres de fiction et en faire le point de départ d’une réflexion philosophique ? Tel est le pari sur lequel repose Philosophie en séries. Chaque chapitre part de l’analyse d’une série, pose un problème philosophique et conduit à la lecture d’un ou plusieurs textes de philosophie plus ou moins classiques. Clair et pédagogique, ce livre relève le pari de faire se rencontrer la culture de masse et la philosophie à travers un dialogue permanent entre les personnages et les concepts philosophiques. Les amateurs de séries verront leurs héros préférés sous un nouvel angle tandis que les lycéens, les étudiants et tous ceux qui s’intéressent à la philosophie auront, avec ce livre, l’occasion de philosopher autrement. (Description de l'éditeur)


 Découverte 

Eribon (Didier), Retour à Reims, (2009)

"Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie. Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique." (Présentation éditeur)




Pippin (Robert B.), Philosophie politique du western, (2010)

On assimile souvent les westerns hollywoodiens à de simples divertissements commerciaux véhiculant les clichés les plus éculés de la modernité américaine. N’est-ce pas réducteur ? Certains westerns ne sont-ils pas d’authentiques « formes de pensée » portant un regard distancié, démystificateur et ironique sur la fondation épique du « Nouveau Monde » ?

Dans ce livre captivant, Robert Pippin s’interroge sur l’apport des grands westerns à la philosophie politique. Ceux-ci mettent en scène le grand mythe américain de la conquête de l’Ouest, le passage de la « Frontière » à une vie civilisée régie par l’État de droit. Ils donnent à voir les tensions de la modernité sous l’angle de la psychologie politique et proposent un traitement nuancé et critique des grands thèmes de l’imaginaire américain : la vie démocratique, les rapports entre les races, les sexes et les classes sociales dans une communauté nationale, le passage de la domination violente à un gouvernement rationnel et partagé. Par la prise en compte des coûts psychologiques de la transition vers la modernité capitaliste, ils nous invitent à réfléchir aux ambiguïtés du mythe américain.


 Découverte 

Sandel (Michael), Justice, (2010)

Une situation de disette extrême peut-elle justifier le cannibalisme ? Sommes-nous propriétaires de nous-mêmes ? Une mère porteuse a-t-elle le droit de garder l'enfant qu'elle a mis au monde ? Quel travail mérite quel salaire ? Si Michael J. Sandel, professeur de philosophie à Harvard, passionne bien au-delà des campus, c'est parce qu'il excelle dans l'art de ramener les questions politiques les plus complexes à des enjeux dont chacun peut aisément se saisir. En opposant les différentes conceptions de la justice (utilitariste, libérale, communautarienne), il convoque tour à tour Aristote, Hume ou Kant à partir de cas concrets, parfois drôles et toujours imagés. Des dilemmes les plus ordinaires aux grandes questions qui agitent nos sociétés, il s'agit toujours d'interroger les principes d'équité, de citoyenneté, de justice. De remettre, en somme, la morale au cœur du débat.


 Approfondissement  

Ogien (Ruwen), L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, (2011)

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n'a envie d'utiliser, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.

Vous y lirez des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres expériences prouvant qu'il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant.

Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : "ma vie est digne d'être vécue, mais j'aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d'un poulet d'élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?

Cependant, le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("Dignité", "vertu", "Devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).

C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.


 Découverte 

Dehaene (Stanislas), Le code de la conscience, (2014)

D'où viennent nos perceptions, nos sentiments, nos illusions et nos rêves ? Où s'arrête le traitement mécanique de l'information et où commence la prise de conscience ? L'esprit humain est-il suffisamment ingénieux pour comprendre sa propre existence ? La prochaine étape sera-t-elle une machine consciente de ses propres limites ? Depuis plus de vingt ans, Stanislas Dehaene analyse les méca- nismes de la pensée humaine. Dans ce livre, il invite le lecteur dans son laboratoire où d'ingénieuses expériences visualisent l'incons- cient et démontent les bases biologiques de la conscience. Grâce à l'imagerie cérébrale et même à des électrodes intro- duites dans la profondeur du cortex, nous commençons enfin à comprendre les algorithmes qui nous font penser. Détecter la présence de la conscience, décoder à quoi pense un individu, un bébé ou même un animal, sortir les patients du coma, doter les machines d'un début de conscience... Le Code de la conscience ouvre d'extraordinaires perspectives pratiques et intellectuelles, en accordant une importance égale aux implications technologiques, philosophiques, personnelles et éthiques de la résolution du dernier des mystères.




Kasper (Ulrike), L'art contemporain pour les nuls, (2014)

Contrairement à ce que le nom de la collection pourrait faire penser, ce livre est intéressant y compris quand on connaît déjà un peu l'art contemporain. Il en explique bien les racines dans l'art moderne (en particulier dans l’œuvre de Marcel Duchamp), et il en fournit un panorama très large.


 Découverte 

Talon-Hugon (Carole), Moyen Âge et Renaissance. Une histoire personnelle et philosophique des arts, (2014)

Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquée par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art). [éditeur]


 Découverte 

Chaillan (Marianne), Harry Potter à l'école de la philosophie, (2015)

Des dizaines sinon des centaines de millions de lecteurs aux quatre coins du monde ont voyagé dans le monde magique de Harry Potter, découvrant livre après livre et film après film, un univers merveilleux et fascinant. Mais savaient-ils qu'en montant avec lui dans le "Poudlard Express" sur la voie 9 3/4, ils allaient s'ouvrir aux plus grandes thèses de la philosophie ? Car Harry Potter ne nous fait pas seulement entrer à l'école des sorciers mais aussi à l'école platonicienne. Le sage Dumbledore se fait tour à tour stoïcien, adepte de Berkeley et maître de philosophie morale. Le fougueux Sirius Black est le porte-voix des thèses sartriennes sur la liberté humaine contre la vision déterministe du Professeur Trelawney. Lord Voldemort et ses Mangemorts, quant à eux, nous interrogent sur la philosophie de Nietzsche. Poudlard, on suit certes des cours de Défense contre les Forces du mal, de Métamorphose et de Sortilèges. On apprend aussi et surtout la philosophie. Le long cheminement de Harry jusqu'au combat final avec le Seigneur des Ténèbres dévoile même une philosophie de la finitude propre à l'oeuvre de J. K. Rowling. Cet ouvrage vous propose de revisiter les aventures de notre cher sorcier pour y vivre, avec un plaisir toujours renouvelé, une remarquable initiation à la philosophie. (Description de l'éditeur)


 Découverte 

Détrez (Christine), Quel genre ?, (2015)

Christine Détrez s'interroge depuis longtemps sur les pratiques sociales et culturelles des adolescents. Cette fois, c'est la notion de genre qu'elle explore.

   En passant aussi par l'anthropologie et grâce à de nombreux exemples concrets et quotidiens, elle nous apprend à décrypter les expressions toutes faites, le fameux "bon sens" qui assigne leur place aux garçons et aux filles, se posant ainsi comme vérité biologique alors qu'une analyse précise démontre l'infondé des lieux communs.

   Inviter à la réflexion, tant cette question nous concerne toutes et tous, en tant qu'individu, en tant que parent -ou pas-, dans la place que l'on (se) permet d'avoir, dans la façon de se situer, dans le monde, vis-à-vis des autres et de soi, tel est le but de cet essai.

   Maîtresse de conférences en sociologie, ancienne élève de l'ENS Ulm, agrégée de lettres classiques, Christine Détrez a soutenu en 1998 une thèse de doctorat de sociologie consacrée aux pratiques de lecture des adolescents. Elle enseigne à l'ENS de Lyon.


 Découverte 

Chaillan (Marianne), Game of Thrones, une métaphysique des meurtres, (2016)

L'autrice montre que toute la série aborde des questions philosophiques fondamentales : Comment conquérir le pouvoir ? Peut-on rester intègre lorsqu'on l'exerce ? Agir moralement, est-ce respecter absolument certains principes ou s'adapter aux circonstances ? etc... Livre qui peut autant satisfaire les fans de la série que les curieux de philosophie.


 Découverte 

Garcia (Tristan), La vie intense, (2016)

Au XVIIIe siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité.

L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance et des sports extrêmes... L'intensité est une puissance qui organise le monde et vivre le plus fort possible représente la valeur suprême de l'existence. Un idéal contemporain séduisant mais aussi un piège, qui produit peut-être le contraire de ce qu'il promet. Tristan Garcia bâtit une magnifique philosophie éthique de l'intensité. (Présentation de l'éditeur)




Gingras (Yves), L'impossible dialogue: Sciences et religions, (2016)

"Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l’Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l’emblème d’une négation de l’autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd’hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface. Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d’astronomie, de géologie, d’histoire naturelle ou sur l’origine de l’homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus connus entre sciences et religions et propose une version œcuménique et édulcorée de l’histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d’imposer sa vision du monde, l’une fondée sur la nature, l’autre sur le surnaturel." (Présentation de l'éditeur)


 Approfondissement 

Wolff (Francis), Il n'y a pas d'amour parfait, (2016)

L’amour a inspiré les chants les plus déchirants, les meilleurs romans et les pires, des comédies irrésistibles, des tragédies bouleversantes. Il est possible d’y ajouter quelques considérations philosophiques. Des préliminaires, seulement. Non à l’amour (le philosophe n’a là-dessus aucune expertise), mais à son concept (c’est son domaine, dit-on). L’amour n’est ni l’amitié, ni le désir, ni la passion. C’est la fusion improbable de ces tendances opposées. Car les composantes de l’amour ne jouent pas collectif, tel est le drame, et la grandeur, de l’amour. C’est parce qu’il est de nature hétérogène, donc instable, qu’il est le moteur tout-puissant de tant d’histoires, grandioses ou banales, dans les littératures universelles et dans nos vies ordinaires. (Présentation de l'éditeur)


 Découverte 

Baubérot (Jean), Histoire de la laïcité en France, (2017)

Issue de la « guerre des deux France », la laïcité a constitué, paradoxalement, une rupture pacificatrice : la France est, constitutionnellement, une république laïque et la laïcité fait, en quelque sorte, partie du «?patrimoine?» national. Si la laïcité nous semble familière, son histoire, hormis la figure de Jules Ferry et quelques images d'Épinal, est assez peu connue. Confrontée aujourd'hui à la mondialisation et à la montée du communautarisme, la notion de laïcité est au cœur des grands débats actuels que cette approche historique met en perspective. (Présentation éditeur)


 Découverte 

Gazalé (Olivia), Le mythe de la virilité, (2017)

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l'époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé la hiérarchie des sexes en faisant de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social, religieux et sexuel. Un discours fondateur qui n'a pas seulement postulé l'infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l'autre homme (l'étranger, le " sous-homme ", le " pédéraste ", " l'impuissant "...). Historiquement, ce mythe de la virilité a ainsi légitimé la minoration de la femme et l'oppression de l'homme par l'homme. Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une " crise de la virilité ".

Cependant, si la virilité est aujourd'hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s'en alarmer, mais s'en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n'est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l'avenir du féminisme.




Sénac (Réjane), Les non-frères au pays de l'égalité, (2017)

La République a beau se proclamer une et indivisible, elle n'a cessé de classifier et de hiérarchiser les citoyen.ne.s depuis sa fondation. Qui reconnaît-elle comme frères et qui laisse-t-elle dans l'angle mort de l'égalité ? Pourquoi continue-t-elle à se définir à travers un mot, fraternité, qui charrie une conception excluante de la démocratie ?

   Répondre à ces questions et lever le tabou sur le péché originel d’une République fraternelle est indispensable pour expliquer la persistance contemporaine des inégalités. Réjane Sénac analyse la façon dont la frontière entre frères et non-frères – femmes, non-binaires, non-blanc.he.s – se redessine au lieu de disparaître. Alors que l’application du principe d’égalité reste inconditionnelle pour les uns, elle est associée à l’accomplissement de performances économiques et sociales pour les autres.


 Approfondissement  

Cabanas (Edgar), Illouz (Eva), Happycratie, Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, (2018)

Le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait : telle est l'idée à laquelle la psychologie positive, née au tournant du siècle, s'attache à conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d'écouter les experts pour devenir heureux. L'industrie du bonheur, qui brasse des millions d'euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.

Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ? Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?

Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle " science " et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle. (Présentation de l'éditeur)




Talon-Hugon (Carole), L'esthétique, (2018)

Comment juger d’un tableau ? Que dire de l’émotion ressentie devant une œuvre d’art ? Si le beau et l’art sont des sujets philosophiques anciens, l’esthétique en tant que discipline indépendante dotée d’un objet autonome n’apparaît qu’au XVIIIe siècle, lorsque les notions d’art, de sensible et de beau se sont liées entre elles. De Platon à Michel Henry en passant par Kant ou Adorno, cette discipline semble difficile à définir. Est-elle une critique du goût, la théorie du beau, la science du sentir, la philosophie de l’art ? (Présentation éditeur)




Horvilleur (Delphine), Benzine (Rachid), Des mille et une façons d'être juif ou musulman, (2019)

"L’une est rabbin, l’autre est islamologue. L’une est femme, l’autre homme. Juive ou musulman, nous le sommes chacun de manière singulière… Il y a mille et une façons d’être juif ou musulman !
   Mais nous avons tous deux compris que la Bible et le Coran n’étaient pas étrangers l’un à l’autre. Et, tous deux, nous revendiquons la liberté de la recherche et de la parole religieuses : une liberté responsable, qui assume les questions et affronte les conflits pour déjouer les pièges du fondamentalisme et d’une certaine tradition, repliée sur ses origines.
   Car – nous en sommes convaincus – être « héritier » ne consiste pas à reproduire ce qui a été reçu, mais à le renouveler." D.H. et R.B.

   Delphine Horvilleur est rabbin. Elle a publié En tenue d’Ève, Comment les rabbins font des enfants et Réflexions sur la question antisémite (Grasset, 2013, 2015 et 2019).

   Rachid Benzine est islamologue. Il a notamment publié Les Nouveaux Penseurs de l'islam (Albin Michel, 2004) et Lettres à Nour (Points, 2019).


 Découverte 

Giraud (Thibaut), Curiosités philosophiques : De Platon à Russell, (2020)

"Aristote aimait-il mieux disséquer des poulpes qu’ observer les cieux ? Peut-on comme Sénèque être à la fois milliardaire et stoïcien ? Qu’avait donc Kant contre la masturbation ? Vous trouverez la réponse à bien des questions que vous ne vous êtes jamais posées au détour de ces Curiosités philosophiques qui nous invitent à entrer dans le monde de personnages singuliers que l’on a coutume d’appeler philosophes.

De Platon à Russell, Thibaut Giraud nous guide à travers des textes étonnants et nous fait découvrir sous un jour inattendu ces grands penseurs. S’ils sont susceptibles en d’autres circonstances de se montrer effrayants ou intimidants – surtout avec les nouveaux venus –, ils se révèlent ici lisibles et accueillants."

Une très bonne introduction à la philosophie dont la lecture est à la fois facile, divertissante et enrichissante !


 Découverte 

Ripoll (Thierry), Pourquoi croit-on ? Psychologie des croyances, (2020)

Comment la psychologie cognitive explique les croyances.
   On oublie souvent que l'humain se distingue des autres espèces animales par sa propension à croire en l'existence d'un monde surnaturel. C'est ainsi que derrière la banalité d'un réel immédiatement accessible, il y aurait un monde proprement spirituel doté de forces qui nous échappent et qui pourtant infléchissent puissamment nos vies. La prise en compte de cette réalité dissimulée serait susceptible de donner un sens à notre existence, de la rendre plus acceptable et plus maîtrisable... Nous sommes là dans l'univers de la croyance.
   Dans ce livre, Thierry Ripoll, Professeur de psychologie à l'Université d'Aix-Marseille, s'attelle à la passionnante et troublante tâche d'identifier les processus psychologiques et cérébraux qui nous conduisent à croire une multitude de choses (simples superstitions, croyance en l'existence d'énergies non matérielles, pouvoir des rituels et des prières, capacités extrasensorielles, croyances religieuses, théories du complot...). Ces processus, pour la plupart inconscients, n'épargnent personne, pas mêmes ceux qui affichent un scepticisme radical. À des degrés divers, les croyances trouvent toujours un espace pour se développer et conditionnent souvent à notre insu, nos vies, nos décisions, nos choix et notre rapport au monde.
   S'il ne fait aucun doute que les croyances sont des réponses naturelles aux difficultés inhérentes que tout un chacun rencontre dans sa vie et si elles participent en partie à notre équilibre psychique, elles n'en constituent pas moins de redoutables tremplins à des comportements potentiellement dangereux pour le croyant comme pour la société dans laquelle il vit. En comprendre l'origine est donc essentiel. Dans ce livre instructif et mordant, Thierry Ripoll apporte un éclairage nouveau sur ce sujet épineux et sociétalement crucial.




Chaillan (Marianne), Où est donc le bonheur ?, (2021)

"Si, loin de la promesse de bonheur, naïve voire dangereuse, que nous vendent les ouvrages de développement personnel, il fallait plutôt reconnaître que du monde, « on ne peut attendre rien de bon », comme l'écrit Schopenhauer ? Si souhaiter être heureux était le moyen le plus sûr d'être malheureux ? Marianne Chaillan commence par fracasser la représentation commune du bonheur pour mieux nous faire découvrir les chemins étroits et exigeants qui conduisent à une vie heureuse et authentique. À la manière du fameux professeur du Cercle des poètes disparus, elle nous invite à entrer dans sa salle de classe, à nous appuyer sur la philosophie, non pour rêver de bonheur mais bien le pratiquer ici et maintenant."


 Découverte 

Chaillan (Marianne), Pensez-vous vraiment ce que vous croyez penser ? , (2021)

" Êtes-vous véritablement pour la légalisation de la PMA? Avez-vous une opinion ferme sur la question de la fin de vie ? Que pensez-vous de l’assistance sexuelle aux personnes handicapées ? Ces quelques questions prêtent à débat et provoquent trop souvent bruit et fureur… Mais si vous prenez le temps de bien y réfléchir, qu’en pensez-vous véritablement ? L’autrice vous invite – à travers des expériences de pensées aussi drôles que stimulantes – à discuter philosophie et à vous mettre au clair avec vos propres idées. Construit à la façon des « livres dont vous êtes le héros », il permet de naviguer d’un chapitre à l’autre et de réfléchir aux grands sujets d’actualité (euthanasie, avortement, prostitution, suicide…). En vous prononçant sur des scénarios conçus pour tester vos principes moraux, bien souvent inconscients, vous serez orienté vers la famille de philosophie morale qui vous correspond. Vous découvrirez alors qu’il est possible d’être en contradiction avec ses propres principes !"


 Découverte 

Diallo (Rokhaya), Ly (Grace), Kiffe ta race, (2022)

Quelles formes prend le racisme dans nos vies quotidiennes ? Comment déconstruire le racisme ? Quels outils déployer face aux manifestations diverses du racisme ? Comment construire un destin politique commun ? Ce sont autant d'axes que Rokhaya Diallo et Grace Ly développent dans cet ouvrage, mêlant la théorie à leurs observations personnelles et intimes, dans le prolongement du podcast qu'elles ont créé ensemble en 2018 chez Binge Audio. Leur antiracisme n'est pas moral mais politique : il est avant tout, nourri par la volonté d'œuvrer en faveur de la justice sociale.


 Découverte 

Piriou (Karim), Politikon, (2023)

"Dans Politikon, son premier livre, Karim Piriou prolonge le travail entamé sur sa chaîne YouTube, en se concentrant sur l’histoire des idéologies politiques modernes occidentales."


 Découverte