Bibliographie


  Voici une liste de livres qui vous permettront d'aborder la réflexion philosophique. Il n'y a pas dans cette liste que des livres de philosophie, mais ils peuvent tous amener à s'interroger sur des problèmes philosophiques ou permettent d'acquérir une culture nécessaire pour mieux aborder certaines interrogations.

  Les références sont organisées en différentes rubriques :




Qu'est-ce que la philosophie ?

Platon, Apologie de Socrate, (vers 390 av. J.-C)

Athènes, 399 avant notre ère. Socrate, citoyen sans fortune ni pouvoir politique, comparaît devant le Tribunal de la cité. Quels sont les faits reprochés ? On l'accuse de ne pas reconnaître l'existence des dieux traditionnels, d'introduire de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse. Face à ses juges, Socrate assure seul sa défense et met en garde les Athéniens : le philosophe est un bienfait pour la cité et celle-ci se condamne elle-même en mettant à mort son héros. Mais le verdict est sans appel : la condamnation à mort.

Élevée au rang de mythe fondateur de la philosophie, l'Apologie de Socrate expose les exigences d'une vie vertueuse telle que la défend Socrate : amour du savoir, souci du vrai, recherche de l'acte et du mot justes.

Platon, Gorgias.

Un des plus grands dialogue de Platon qui traite de la rhétorique, de la philosophie, de la justice entre autres ! Le ton est vif, on y voit Socrate à l'oeuvre dans des "interrogatoires" exigeants de ses interlocuteurs. Une bonne introduction à la philosophie !


Kant, Qu'est-ce que les Lumières ?, (1784)

« Sapere aude (ose savoir). Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières. » Dans ce texte manifeste de la philosophie des Lumières, Kant établit que l’accès à la libre pensée est possible pourvu que la loi garantisse la liberté d’expression. (Présentation éditeur)


Nagel (Thomas), Qu'est-ce que tout cela veut dire ?, (1987)

Une entrée dans la réflexion philosophique qui tourne le dos aux présentations académiques ou historiques. Ce petit livre présente, sous la forme de cours chapitre, des questions philosophiques "éternelles" dans une perspective contemporaine.



Littérature

Huxley (Aldous), Le meilleur des mondes, (1932)

Un des plus grands roman de science-fiction.

Dans une société future, la science et la technique ont réussi à éliminer tous les tourments et les hasards de la condition humaine. Les humains vivent parfaitement heureux dans une société totalement inégalitaire dans laquelle plus rien ne compte que le divertissement, la consommation et la sexualité... ("Toute ressemblance avec une situation réelle ne serait que pure coïncidence" !)

Orwell (George), 1984, (1949)

1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général. La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, de la société de surveillance, ainsi que de la réduction des libertés. (...) Il décrit une Grande-Bretagne (...) où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches sont placardées dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).

Sartre (Jean-Paul), Huis clos, (1944)

Trois personnages arrivent en enfer et constatent qu'il n'y a ni fourches ni flammes... mais que "l'enfer c'est les autres".

Le Guin (Ursula), Ceux qui partent d'Omelas, (1973)

Les habitants de la cité d'Omelas sont heureux et ont des vies aussi riches et pleines de sens qu'il est possible à des humains d'en avoir. Mais leur bonheur est basé sur un fait que tous connaissent et acceptent... sauf ceux qui partent.

Eribon (Didier), Retour à Reims, (2009)

"Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d’origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l’histoire de sa famille. Evoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie… Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s’interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique." (Présentation éditeur)



Pop philosophie

Parce qu'on peut philosopher à partir du cinéma, des séries etc. de plus en plus d'auteurs s'intéressent aux œuvres de la culture "pop" pour en montrer les implications philosophiques. Où l'on se rend compte qu'il y a des points communs entre Matrix et l'allégorie de la caverne, que Ned Stark est un banneret de Lord Kant, ou que Harry Potter n'a pas le même rapport à la mort que Voldemort...

Chaillan (Marianne), Game of Thrones, une métaphysique des meurtres, (2016)

L'autrice montre que toute la série aborde des questions philosophiques fondamentales : Comment conquérir le pouvoir ? Peut-on rester intègre lorsqu'on l'exerce ? Agir moralement, est-ce respecter absolument certains principes ou s'adapter aux circonstances ? etc... Livre qui peut autant satisfaire les fans de la série que les curieux de philosophie.


Chaillan (Marianne), Harry Potter à l'école de la philosophie, (2015)

Des dizaines sinon des centaines de millions de lecteurs aux quatre coins du monde ont voyagé dans le monde magique de Harry Potter, découvrant livre après livre et film après film, un univers merveilleux et fascinant. Mais savaient-ils qu’en montant avec lui dans le « Poudlard Express » sur la voie 9 3/4, ils allaient s’ouvrir aux plus grandes thèses de la philosophie ? Car Harry Potter ne nous fait pas seulement entrer à l’école des sorciers mais aussi à l’école platonicienne. Le sage Dumbledore se fait tour à tour stoïcien, adepte de Berkeley et maître de philosophie morale. Le fougueux Sirius Black est le porte-voix des thèses sartriennes sur la liberté humaine contre la vision déterministe du Professeur Trelawney. Lord Voldemort et ses Mangemorts, quant à eux, nous interrogent sur la philosophie de Nietzsche… À Poudlard, on suit certes des cours de Défense contre les Forces du mal, de Métamorphose et de Sortilèges. On apprend aussi et surtout la philosophie. Le long cheminement de Harry jusqu’au combat final avec le Seigneur des Ténèbres dévoile même une philosophie de la finitude propre à l’oeuvre de J. K. Rowling. Cet ouvrage vous propose de revisiter les aventures de notre cher sorcier pour y vivre, avec un plaisir toujours renouvelé, une remarquable initiation à la philosophie. (Description de l'éditeur)

de Saint-Maurice (Thibaut), Philosophie en séries, (2009)

Les grandes séries sont aujourd’hui les programmes les plus regardés de la télévision. Ce succès ne tient pas seulement à leur qualité de divertissement : il tient aussi au fait que ces séries mettent en scène les grandes questions de l’existence. Desperate Housewives pose le problème du bonheur, Prison Break, celui de la liberté, tandis que Dr House confronte au problème de la recherche de la vérité et 24 Heures Chrono conduit à se demander si tout est permis pour lutter contre des terroristes. Pourquoi alors ne pas prendre le temps de les regarder autrement ? Pourquoi ne pas prendre au sérieux ces œuvres de fiction et en faire le point de départ d’une réflexion philosophique ? Tel est le pari sur lequel repose Philosophie en séries. Chaque chapitre part de l’analyse d’une série, pose un problème philosophique et conduit à la lecture d’un ou plusieurs textes de philosophie plus ou moins classiques. Clair et pédagogique, ce livre relève le pari de faire se rencontrer la culture de masse et la philosophie à travers un dialogue permanent entre les personnages et les concepts philosophiques. Les amateurs de séries verront leurs héros préférés sous un nouvel angle tandis que les lycéens, les étudiants et tous ceux qui s’intéressent à la philosophie auront, avec ce livre, l’occasion de philosopher autrement. (Description de l'éditeur)



Philosophie de l'existence / Ethique

Epicure, Lettre à Ménécée, (IVe siècle av. J.-C.)

Cette lettre d'Epicure à un disciple porte sur la question du bonheur. Epicure enseigne ici que le bonheur est accessible à celui qui fait un bon usage de sa raison car elle seule peut, par la compréhension du monde, dissiper les causes de troubles.


Sénèque, Lettres Lucilius, (1er siècle ap. J.-C.)

Vivre en accord avec le destin, se défaire du superflu, adopter une attitude digne face à la mort et garder, en toutes circonstances, la tranquillité de l'âme : telles sont les leçons que Sénèque enseigne à son disciple Lucilius au fil de cette correspondance pédagogique. Manuel pratique à l'usage de l'apprenti stoïcien, les Lettres à Lucilius (1er siècle apr. J.-C.) nous exhortent de changer nos habitudes afin de nous changer nous-mêmes, et d'apprendre à mourir - pour essayer de vivre. (Présentation éditeur)


Epictète, Manuel, (IIe siècle ap. J.-C.)

Comme le titre l'indique, ce livre est un manuel, un recueil de conseils écrit par un des plus grands représentant du stoïcisme. Comment parvenir à la tranquillité de l'âme ? Comment supporter et les coups du destin et les dommages que les autres humains pourraient nous causer ?


Descartes, Les passions de l'âme, (1649)

Dernier ouvrage publié par Descartes de son vivant, Les Passions de l’âme (1649) peut faire figure de testament philosophique. On y trouve, en effet, une série de réflexions qui viennent approfondir, préciser, parfois même rectifier les thèses du philosophe sur des points essentiels de sa recherche, en particulier l’élaboration de sa propre morale. La liberté, les rapports de l’âme et du corps, l’affirmation d’un individu moral : tels sont encore, parmi d’autres, les sujets abordés. (Présentation de l'éditeur)


Pascal, Pensées, (1670)

Ouvrage posthume de Pascal, formé à partir des liasses qu'il avait constituées de son vivant dans le projet d'écrire une "apologie de la religion chrétienne". Au-delà de la démarche apologétique, ce livre est une étude très fine et acérée de l'homme et de sa condition. Beaucoup de ces "pensées" sont de courts aphorismes qui manient l'ironie et même, une forme d'humour (noir).

Sartre, L'existentialisme est un humanisme, (1946)

Ce petit livre est la transcription d'une conférence donnée par Sartre en 1946, quelques années après avoir publié son très importants, mais difficile à lire, L'être et le néant. Il y présente les idées phares du courant existentialiste : une philosophie de l'existence, de la liberté.


Garcia (Tristan), La vie intense, (2016)

Au XVIIIe siècle, un nouveau fluide fascine le monde : l'électricité.

L'intensité devient un idéal ordinaire pour l'homme et un concept savant de philosophie, de la puissance nietzschéenne au vitalisme de Deleuze, de l'excitation nerveuse des libertins à l'adrénaline du désir, de la performance et des sports extrêmes... L'intensité est une puissance qui organise le monde et vivre le plus fort possible représente la valeur suprême de l'existence. Un idéal contemporain séduisant mais aussi un piège, qui produit peut-être le contraire de ce qu'il promet. Tristan Garcia bâtit une magnifique philosophie éthique de l'intensité. (Présentation de l'éditeur)

Wolff (Francis), Il n'y a pas d'amour parfait, (2016)

L’amour a inspiré les chants les plus déchirants, les meilleurs romans et les pires, des comédies irrésistibles, des tragédies bouleversantes. Il est possible d’y ajouter quelques considérations philosophiques. Des préliminaires, seulement. Non à l’amour (le philosophe n’a là-dessus aucune expertise), mais à son concept (c’est son domaine, dit-on). L’amour n’est ni l’amitié, ni le désir, ni la passion. C’est la fusion improbable de ces tendances opposées. Car les composantes de l’amour ne jouent pas collectif, tel est le drame, et la grandeur, de l’amour. C’est parce qu’il est de nature hétérogène, donc instable, qu’il est le moteur tout-puissant de tant d’histoires, grandioses ou banales, dans les littératures universelles et dans nos vies ordinaires. (Présentation de l'éditeur)

Cabanas (Edgar), Illouz (Eva), Happycratie — Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, (2018)

Le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait : telle est l'idée à laquelle la psychologie positive, née au tournant du siècle, s'attache à conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d'écouter les experts pour devenir heureux. L'industrie du bonheur, qui brasse des millions d'euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.

Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ? Et si la dite science du bonheur visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?

Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle " science " et explorent les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle. (Présentation de l'éditeur)



Philosophie morale

J.S. Mill, L'utilitarisme, (1861)

"Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863. Il s'inspire de la morale de Bentham, fondateur de l'utilitarisme à la toute fin du XVIIIe siècle, qui partait du principe que le plaisir est l'unique but de l'existence. Mill, son disciple, a su comprendre que même une philosophie utilitaire ne saurait se passer d'une conscience et il a voulu la doter d'un sentiment du devoir et d'une obligation morale. Bentham avait lancé la formule : chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l'intérêt de l'individu à l'intérêt universel. Sans combattre ce point de vue, Mill observe qu'on trouve d'autant mieux le bonheur personnel qu'on le cherche moins, et qu'on y parvient en travaillant au bonheur des autres, à l'amélioration du sort de l'humanité."



Ogien (Ruwen), L'Influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, (2011)

On trouvera dans ce livre des histoires de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de tramways fous qu’il faut arrêter par n’importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie. On y lira des récits d’expériences montrant qu’il faut peu de chose pour se comporter comme un monstre, et encore moins pour se comporter comme un saint : une pièce de monnaie qu’on trouve dans la rue, une bonne odeur de croissants chauds qu’on respire en passant … Le but de ce livre est de proposer une « boîte à outils » intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots et les déclarations de principe. C’est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l’éthique librement. (Description de l'éditeur)

Sandel (Michael), Justice, (2010)

Une situation de disette extrême peut-elle justifier la cannibalisme? Sommes-nous propriétaires de nous même ? Une mère porteuse a-t-elle le droit de garder l'enfant qu'elle a mis au monde? Quel travail mérite quel salaire? Si Michael J. Sandel, professeur de philosophie à Harvard, passionne bien au-delà des campus, c'est parce qu'il excelle dans l'art de ramener les questions politiques les plus complexes à des enjeux dont chacun peut aisément se saisir. En opposant les différentes conceptions de la justice (utilitariste, libérale, communautarienne), il convoque tour à tour Aristote, Humee ou Kant à partir de cas concrets, parfois drôles et toujours imagés. Des dilemmes les plus ordinaires aux grandes questions qui agitent nos sociétés, il s'agit toujours d'interroger les principes d'équité, de citoyenneté, de justice. De remettre, en somme, la morale au coeur du débat.



Philosophie de la culture

(Nature, culture, technique, travail)

Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, (1755)

Rousseau entreprend ici de répondre à une question posée par l'Académie de Dijon : "Quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?" Pour ce faire, il essaie d'imaginer l'homme à l'état de nature et se demande comment et pourquoi sont nées les premières sociétés.


Freud, L'avenir d'une illusion, (1927)

L'illusion à laquelle Freud s'attaque dans ce court ouvrage paru en 1927, c'est la religion. Selon le père de la psychanalyse, nous avons créé les dieux, la Providence et la morale divine pour répondre à un désir archaïque et infantile : celui d'être rassurés - contre l'incompréhensibilité du monde, l'angoisse de la mort et la violence des rapports humains. Toutefois la religion, qui a eu «des millénaires pour faire ses preuves», n'a rendu les hommes ni plus moraux ni plus heureux. Pour Freud, elle a fait son temps : grâce à la science, l'humanité va sortir de l'enfance, et l'illusion s'écroulera. Mais sur quoi fondera-t-on alors la moralité ? En privant l'homme des croyances religieuses, ne risque-t-on pas de basculer dans le chaos ? Enfin, la science n'apparaît-elle pas elle-même comme un nouvel objet de croyance ? Pamphlet antireligieux selon certains, L'Avenir d'une illusion, jalon essentiel de la réflexion de Freud sur la culture, est un texte plus ambigu qu'on ne croit. Car, s'il peut être lu comme un manifeste en faveur de l'établissement d'une éthique séparée de la religion, il ne promet cependant à l'homme libéré de la foi religieuse que des lendemains qui chantonnent à mi-voix. (Présentation éditeur)


Freud, Le malaise dans la culture, (1929)

Le Malaise dans la culture, publié en 1930, est le seul véritable exposé de la conception de la réalité sociale et de la philosophie politique de Freud. Son diagnostic en a troublé plus d'un : la culture s efforce d'endiguer l'irréductible agressivité humaine sans jamais remporter de victoire décisive. On a voulu y voir la preuve du pessimisme d'un vieil homme rongé par la maladie et rattrapé par l'histoire. Bien au contraire, en leur montrant qu'ils n'ont rien à attendre d'un retour à la « nature », d'une société sans classes ou encore d'un paradis régi par les lois du marché, Freud délivre les hommes de leur dernière chaîne, celle qui les liait à la croyance et à l'espoir, et les fait entrer dans le royaume de la liberté où l'illusion n'a plus cours.


Russell (Bertrand), Eloge de l'oisiveté, (1935)

Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l'aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n'y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment.

Arendt (Hannah), Condition de l'homme moderne, (1958)

Comme le titre l'indique, une réflexion de Arendt sur la condition moderne de l'homme, et spécialement sur les activités pratiques dans lesquelles l'humain est engagé : le travail, l'oeuvre et l'action. Un livre intéressant surtout pour repenser ce qu'il est maintenant (très) convenu d'appeler "la valeur travail" : ne sommes-nous plus que des travailleurs et des consommateurs ? Que sont devenues les autres activités humaines ?


Méda (Dominique), Le travail. Une valeur en voie de disparition, (1995)

Quel est notre rapport au travail ? Quelle valeur lui accordons-nous ? Dominique Méda démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l'histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale de notre société.Cet ouvrage nous invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l'échange économique et le travail dans la fabrique du lien social, tout en proposant une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d'accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l'ensemble de la gamme des activités, qu'elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social. (Présentation éditeur)


Crawforf (Matthew), Eloge du carburateur, (2009)

Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans unthink tankà Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. À partir du récit de son étonnante reconversion, il livre dans cet ouvrage intelligent et drôle une réflexion particulièrement fine sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales. Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce " travail intellectuel ", dont on nous rebat les oreilles, se révèle pauvre et déresponsabilisant. À l'inverse, il restitue l'expérience de ceux qui, comme lui, s'emploient à fabriquer ou réparer des objets – dans un monde où l'on ne sait plus qu'acheter, jeter et remplacer. Le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d'un point de vue intellectuelque tous les nouveaux emplois de l'" économie du savoir ". (Présentation éditeur)




Philosophie politique

Machiavel, Le prince, (1532)

La pensée politique moderne s’est forgée dans le fameux Prince de Machiavel (1469-1527). L’ouvrage, écrit en 1513, a été publié à titre posthume en 1532. Nourri de la riche expérience du secrétaire florentin, il apparaît à la fois comme un traité politique et une réflexion sur l’histoire, où l’on voit dégagés, à travers de nombreux exemples, la nature du pouvoir politique, les moyens de son acquisition et de sa conservation, les causes de sa perte. En anatomiste de la chose politique, Machiavel met ainsi à nu les relations entre le prince et les gouvernés (le peuple autant que les grands), le jeu des passions à l’équilibre toujours fragile, l’articulation proprement politique enfin entre «fortune» et «vertu», où vient se révéler, dans ce qu’il appelle «l’occasion», le bon prince, c’est-à-dire le prince prudent. (Présentation éditeur)


La Boétie, Discours de la servitude volontaire, (1576)

Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir. (Présentation éditeur)


Hobbes, Le citoyen, (1642)

Un des ouvrages fondateurs de la pensée politique moderne contractualiste. Hobbes sera plus tard l'un des interlocuteurs les plus importants de Rousseau lorsqu'il écrira son Contrat social (mais aussi le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes).


Rousseau, Du contrat social, (1762)

"Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une ?uvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?"


J.S. Mill, De la liberté, (1859)

"Le sujet de cet essai est la liberté sociale ou civile : la nature et les limites du pouvoir que la société peut légitimement exercer sur l'individu. Cette question, bien que rarement poése ou théorisée, influence profondément les controverses pratiques de notre époque par sa présence latente et devrait bientôt s'imposer comme la question vitale de l'avenir."




Philosophie des sciences / Epistémologie

Kuhn (Thomas), La stucture des révolutions scientifiques, (1962)

Comment les sciences progressent-elles ? Pas de manière linéaire et strictement cumulative, selon Thomas Kuhn. Le progrès des sciences voit alterner des périodes "normales" et des périodes de crises qui bouleversent la manière de voir le monde et de faire de la science à une époque donnée. L'auteur examine quelques épisodes-clés de l'histoire des sciences et montre également que l'édification du savoir scientifique est une oeuvre éminemment humaine.

Chalmers (Alan F.), Qu'est-ce que la science ?, (1976)

L'époque moderne tient la science en haute estime. La croyance que la science et ses méthodes ont quelque chose de particulier semble très largement partagée. Le fait de qualifier un énoncé ou une façon de raisonner du terme "scientifique" lui confère une sorte de mérite ou signale qu'on lui accorde une confiance particulière. Mais, si la science a quelque chose de particulier, qu'est-ce donc ? Ce livre est une tentative d'élucider cette question et d'aborder des problèmes de ce type. " (Chalmers)
Premier bilan qui prenne en compte les développements les plus récents de la philosophie des sciences, Qu'est-ce que la science ? propose un panorama stimulant des grands travaux issus de l'école du positivisme logique qui, depuis quelques décennies, connaît un formidable essor dans le monde anglo-saxon. Karl Popper, Imre Lakatos, Thomas S. Kuhn et Paul Feyerabend sont ici expliqués par le menu. (Présentation de l'éditeur)

Dehaene (Stanislas), Le code de la conscience, (2014)

D’où viennent nos perceptions, nos sentiments, nos illusions et nos rêves ? Où s’arrête le traitement mécanique de l’information et où commence la prise de conscience ? L’esprit humain est-il suffisamment ingénieux pour comprendre sa propre existence ? La prochaine étape sera-t-elle une machine consciente de ses propres limites ? Depuis plus de vingt ans, Stanislas Dehaene analyse les mécanismes de la pensée humaine. Dans ce livre, il invite le lecteur dans son laboratoire où d’ingénieuses expériences visualisent l’inconscient et démontent les bases biologiques de la conscience. Grâce à l’imagerie cérébrale et même à des électrodes introduites dans la profondeur du cortex, nous commençons enfin à comprendre les algorithmes qui nous font penser. Détecter la présence de la conscience, décoder à quoi pense un individu, un bébé ou même un animal, sortir les patients du coma, doter les machines d’un début de conscience… Le Code de la conscience ouvre d’extraordinaires perspectives pratiques et intellectuelles, en accordant une importance égale aux implications technologiques, philosophiques, personnelles et éthiques de la résolution du dernier des mystères. Stanislas Dehaene est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale et membre de l’Académie des sciences. Il a publié Les Neurones de la lecture et La Bosse des maths, qui ont rencontré un très grand succès. (Présentation de l'éditeur)

Gingras (Yves), L'impossible dialogue: Sciences et religions, (2016)

"Le 5 mars 1616, un décret de la Congrégation de l'Index annonçait officiellement la condamnation des idées de Copernic sur le mouvement de la Terre. Cette censure ecclésiastique est devenue l'emblème d'une négation de l'autonomie de la recherche scientifique par les dogmes religieux. Aujourd'hui, la question des relations entre sciences et religions et des appels au « dialogue » entre ces deux domaines pourtant si éloignés par leurs objets et leurs méthodes refait surface.Le thème du conflit a dominé les débats qui ont opposé depuis le XVIIe siècle les savants aux autorités religieuses sur des questions d'astronomie, de géologie, d'histoire naturelle ou sur l'origine de l'homme et des religions. Cet essai prend le contre-pied du courant actuellement dominant chez les historiens des sciences qui minimise les conflits les plus connus entre sciences et religions et propose une version oecuménique et édulcorée de l'histoire des rapports entre deux institutions, dont chacune tente d'imposer sa vision du monde, l'une fondée sur la nature, l'autre sur le surnaturel."(Présentation de l'éditeur)



Réfléchir sur le genre, le féminisme

Détrez (Christine), Quel genre ?, (2015)

Christine Détrez s'interroge depuis longtemps sur les pratiques sociales et culturelles des adolescents.
Cette fois, c'est la notion de genre qu'elle explore.

En passant aussi par l'anthropologie et grâce à de nombreux exemples concrets et quotidiens, elle nous apprend à décrypter les expressions toutes faites, le fameux "bon sens" qui assigne leur place aux garçons et aux filles, se posant ainsi comme vérité biologique alors qu'une analyse précise démontre l'infondé des lieux communs.
Inviter à la réflexion, tant cette question nous concerne toutes et tous, en tant qu'individu, en tant que parent -ou pas-, dans la place que l'on (se) permet d'avoir, dans la façon de se situer, dans le monde, vis-à-vis des autres et de soi, tel est le but de cet essai. (Présentation de l'éditeur)

Gazalé (Olivia), Le mythe de la virilité, (2017)

Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l'époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes. Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l'homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n'a pas seulement postulé l'infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l'autre homme (l'étranger, le " sous-homme ", le " pédéraste "...). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l'oppression de l'homme par l'homme. Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une " crise de la virilité ". Les masculinistes accusent le féminisme d'avoir privé l'homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l'émancipation des femmes n'en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l'homme, en voulant y enfermer la femme, s'est tendu à lui-même. En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l'ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l'appétit de conquête et l'instinct guerrier, il a justifié et organisé l'asservissement des femmes, mais il s'est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l'impuissance et à honnir l'effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et " devenir un homme " un processus extrêmement coûteux. Si la virilité est aujourd'hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s'en alarmer, mais s'en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n'est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l'avenir du féminisme. (Présentation de l'éditeur)

Sénac (Réjane), Les non-frères au pays de l'égalité, (2017)

La France serait-elle plus fraternelle qu'égalitaire ? La République a beau se proclamer une et indivisible, elle n'a cessé de classifier et de hiérarchiser les citoyen·ne·s depuis sa fondation. Qui reconnaît-elle comme frères et qui laisse-t-elle dans l'angle mort de l'égalité ? Pourquoi continue-t-elle à se définir à travers un mot, fraternité, qui charrie une conception excluante de la démocratie ?

Répondre à ces questions et lever le tabou sur le péché originel d’une République fraternelle est indispensable pour expliquer la persistance contemporaine des inégalités. Réjane Sénac analyse la façon dont la frontière entre frères et non-frères – femmes, non-binaires, non-blanc·he·s – se redessine au lieu de disparaître. Alors que l’application du principe d’égalité reste inconditionnelle pour les uns, elle est associée à l’accomplissement de performances économiques et sociales pour les autres. (Présentation de l'éditeur)



Religion, croyances, laïcité

Freud, L'avenir d'une illusion, (1927)

L'illusion à laquelle Freud s'attaque dans ce court ouvrage paru en 1927, c'est la religion. Selon le père de la psychanalyse, nous avons créé les dieux, la Providence et la morale divine pour répondre à un désir archaïque et infantile : celui d'être rassurés - contre l'incompréhensibilité du monde, l'angoisse de la mort et la violence des rapports humains. Toutefois la religion, qui a eu «des millénaires pour faire ses preuves», n'a rendu les hommes ni plus moraux ni plus heureux. Pour Freud, elle a fait son temps : grâce à la science, l'humanité va sortir de l'enfance, et l'illusion s'écroulera. Mais sur quoi fondera-t-on alors la moralité ? En privant l'homme des croyances religieuses, ne risque-t-on pas de basculer dans le chaos ? Enfin, la science n'apparaît-elle pas elle-même comme un nouvel objet de croyance ? Pamphlet antireligieux selon certains, L'Avenir d'une illusion, jalon essentiel de la réflexion de Freud sur la culture, est un texte plus ambigu qu'on ne croit. Car, s'il peut être lu comme un manifeste en faveur de l'établissement d'une éthique séparée de la religion, il ne promet cependant à l'homme libéré de la foi religieuse que des lendemains qui chantonnent à mi-voix. (Présentation éditeur)


Renaut (Alain), Touraine (Alain), Un débat sur la laïcité, (2005)

"Un an après le vote de la loi sur le foulard islamique, il convient de faire le point. Fallait-il voter cette loi ? A-t-elle réglé les problèmes ? Deux auteurs bien connus ont choisi d’en débattre : Alain Touraine, sociologue, a fait partie de la commission Stasi dont le rapport a été à l’origine de la loi ; Alain Renaut, professeur de philosophie politique, est connu pour ses prises de position en faveur d’un multiculturalisme raisonné. Ils partagent les mêmes valeurs républicaines. Mais ils divergent sur les moyens à employer pour faire face à la montée du fondamentalisme musulman, sur les moyens de reconnaître les droits des minorités culturelles, sur le rôle de l’école. Alain Renaut est fondamentalement opposé à la loi et, d’une façon générale, très critique à l’égard de la politique française en matière de reconnaissance de la diversité culturelle. Alain Touraine continue de défendre la loi sur le foulard, dont il pense qu’elle a servi à marquer un cran d’arrêt dans la pénétration des fondamentalistes." (Présentation éditeur)

On pourrait penser que bientôt 20 ans plus tard l'intérêt de ce livre a disparu. Pourtant, aujourd'hui encore, le débat sur les interprétations de la laïcité continue, il est même aujourd'hui plus dur, voire violent, car chaque "camp" lance des anathèmes sur les autres. Ce livre peut encore éclairer ces débats.


Baubérot (Jean), Histoire de la laïcité en France, (2017)

Issue de la « guerre des deux France », la laïcité a constitué, paradoxalement, une rupture pacificatrice : la France est, constitutionnellement, une République laïque et la laïcité fait, en quelque sorte, partie du « patrimoine » national.Si la laïcité nous semble familière, son histoire, hormis la figure de Jules Ferry et quelques images d'Épinal, est assez peu connue. Confrontée aujourd'hui à la mondialisation et à la montée du communautarisme, la notion de laïcité est au cœur des grands débats actuels que cette approche historique met en perspective. (Présentation de l'éditeur)

Horvilleur (Delphine), Benzine (Rachid), Des mille et une façons d'être juif ou musulman, (2019)

L’une est rabbin, l’autre est islamologue. L'une est femme et l'autre homme, et ce n'est pas une mince différence ! Juive ou musulman, nous le sommes chacun de manière singulière… Il y a mille et une façons d’être juif ou musulman !

Mais au-delà de nos différences, nous avons tous deux compris que la Bible et le Coran n’étaient pas étrangers l’un à l’autre. Et tous deux nous revendiquons la liberté de la recherche et de la parole religieuses : une liberté responsable, qui prend en charge les questions et affronte les conflits. Or, de nos jours, partout des fondamentalismes et des mouvements identitaires se prévalent de traditions anciennes qu'ils croient pouvoir faire remonter aux origines de leur foi.

Nous en sommes convaincus : être « héritier » ne consiste pas à mettre ce qui a été reçu dans un coffre fermé à clé, mais à le faire fructifier. Cela ne consiste pas à reproduire à l'identique ce qui a été reçu, mais à le renouveler. (Présentation de l'éditeur)

Ripoll (Thierry), Pourquoi croit-on ? Psychologie des croyances, (2020)

Comment la psychologie coginitive nous explique nos croyances.
On oublie souvent que l'humain se distingue des autres espèces animales par sa propension à croire en l'existence d'un monde surnaturel. C'est ainsi que derrière la banalité d'un réel immédiatement accessible, il y aurait un monde proprement spirituel doté de forces qui nous échappent et qui pourtant infléchissent puissamment nos vies. La prise en compte de cette réalité dissimulée serait susceptible de donner un sens à notre existence, de la rendre plus acceptable et plus maîtrisable... Nous sommes là dans l'univers de la croyance.

Dans ce livre, Thierry Ripoll, Professeur de psychologie à l'Université d'Aix-Marseille, s'attelle à la passionnante et troublante tâche d'identifier les processus psychologiques et cérébraux qui nous conduisent à croire une multitude de choses (simples superstitions, croyance en l'existence d'énergies non matérielles, pouvoir des rituels et des prières, capacités extrasensorielles, croyances religieuses, théories du complot...). Ces processus, pour la plupart inconscients, n'épargnent personne, pas mêmes ceux qui affichent un scepticisme radical. À des degrés divers, les croyances trouvent toujours un espace pour se développer et conditionnent souvent à notre insu, nos vies, nos décisions, nos choix et notre rapport au monde.

S'il ne fait aucun doute que les croyances sont des réponses naturelles aux difficultés inhérentes que tout un chacun rencontre dans sa vie et si elles participent en partie à notre équilibre psychique, elles n'en constituent pas moins de redoutables tremplins à des comportements potentiellement dangereux pour le croyant comme pour la société dans laquelle il vit. En comprendre l'origine est donc essentiel. Dans ce livre instructif et mordant, Thierry Ripoll apporte un éclairage nouveau sur ce sujet épineux et sociétalement crucial. (Présentation de l'éditeur)