/ Le langage / Partie 3
- On a l'habitude d'entendre que les actes et les paroles s'opposent : on peut reprocher par exemple à quelqu'un de beaucoup parler mais de peu agir, regretter que la parole politique (promesses électorales, effets d'annonce...) soit souvent sans effets réels etc.
- Faut-il en conclure cependant que les mots n'ont aucune espèce d'efficacité, n'agissent pas, n'ont jamais d'effets ?
- 📌 Notre expérience quotidienne nous montre déjà que l'on peut blesser ou humilier quelqu'un avec des mots, ou au contraire lui donner confiance, l'aider à augmenter son estime de soi (penser au contexte éducatif, que l'on pense aux parents ou aux profs).
- Nous allons voir que nous avons d'autres bonnes raisons de penser que les mots agissent.
👴 1. Pouvoir thérapeutique de la parole
- Rappel du chapitre sur l'inconscient : La psychanalyse comme "cure par la parole" ou talking cure selon la patiente Anna O. elle-même : voir ce texte et en particulier le §6.
🚢 2. Austin et les énoncés performatifs
- John Langshaw Austin (1911-1960) est un philosophe anglais, qui s'inscrit (dans les années 50), dans un courant linguistique et philosophique attentif au "langage ordinaire". Il a été le pionnier de la théorie des actes de langage. Il la développe d'abord dans des conférences, puis dans un livre célèbre Quand dire, c'est faire (1962)
“ La théorie des actes de langage se fonde donc sur une opposition à « l’illusion descriptiviste » qui veut que le langage ait pour fonction première de décrire la réalité et que les énoncés affirmatifs soient toujours vrais ou faux. Selon la théorie des actes de langage, au contraire, la fonction du langage est tout autant d’agir sur la réalité (...). Dans cette optique, les énoncés ne sont ni vrai ni faux. ” (wikipedia, article "Acte de langage")
- Lire ce texte
📺 3. Langage et construction du réel
- Parler, ce n'est donc pas seulement décrire la réalité, constater un état de fait. Les mots, nos paroles, agissent, ont une efficacité pragmatique, sociale et politique. Ils façonnent la manière dont nous percevons la réalité, ou plus localement, tel ou tel événement ou phénomène particulier.
- ℹ️ Références / exemples pour réfléchir sur cette question :
- Langage et État totalitaire :
- 👀 George Orwell, 1984
- 🦅 Victor Klemperer, LTI, La langue du IIIe Reich
- Les mots, au cœur des débats :
- - pour imposer sa vision du monde
- - pour manipuler, euphémiser, mobiliser etc.
- - pour disqualifier