Un point de vue du CRAP-Cahiers pédagogiques sur la polémique autour de l’optionnalisation de l’histoire-géographie en terminale S
C’est un bien étrange paradoxe que nous propose l’appel publié par le Journal du Dimanche, signé par de nombreux historiens et personnalités politiques, qui fait tant de bruit depuis quelques jours. Ces auteurs invoquent les nobles finalités de l’histoire-géographie, « la formation intellectuelle et la réflexion civique des futurs citoyens », s’inquiétant que la disparition de l’histoire-géographie en terminale S « ouvre la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires ». Nous ne pouvons que partager ces ambitions, et donc ces inquiétudes. D’ailleurs, selon une tournure de langage familière du côté de l’Élysée, qui oserait affirmer, n’est-ce pas, que « les futurs bacheliers scientifiques n’ont nul besoin de se situer dans le monde d’aujourd’hui » ? Comment, soyons sérieux, prétendre qu’ils n’ont pas besoin de se faire « une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique » ? Mais cet appel, cette démarche est-elle à la hauteur des enjeux qu’elle promeut ? Il nous semble bien qu’elle n’échappe pas à la mise en abyme de la « réaction épidermique »…
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