Hegel

L'art comme union du sensible et du spirituel

L’œuvre d'art n'est pas encore la pensée pure mais, malgré sa sensibilité, elle n'est plus un simple étant matériel comme les pierres, les plantes, la vie organique; le sensible dans l’œuvre d'art est déjà un idéal, qui cependant existe encore en même temps extérieurement comme une chose, n'étant pas l'idéal de la pensée; lorsque l'esprit laisse les objets être librement, sans toutefois pénétrer dans leur intérieur essentiel (parce que pour lui, les objets cesseraient alors complètement d'exister dans leur extériorité en tant que choses particulières, cette apparence du sensible se présente à lui de l'extérieur, comme la forme, l'apparence, ou le son des choses. Ainsi le sensible de l'art ne concerne que les deux sens théorétiques de la vue et de l'ouïe, tandis que restent exclus de la jouissance artistique l'odorat, le goût et le toucher. En effet ces trois derniers sens ont à faire avec la matérialité en tant que telle et avec ses qualités immédiatement sensibles.(...) Pour cette raison, ces sens ne peuvent rien avoir à faire avec les objets de l'art, qui doivent rester dans leur autonomie réelle et ne permettent pas de rapport purement sensible.
Hegel, Esthétique, 1818-1829

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