La dissertation
philosophique est un développement écrit portant
sur un sujet donné. Elle a
pour but l'apprentissage de l'argumentation et de ses exigences propres
:
- la
rigueur de la méthode : analyse précise
des énoncés,
enchaînement logique des idées.
- la
pertinence du propos : le traitement judicieux du sujet, de
tout
le sujet, de rien d'autre que le sujet; la finesse des arguments; la
justesse
des exemples.
- la
manifestation d'une culture littéraire,
philosophique,
scientifique, artistique, économique, politique etc... (qui
permet d'aller
au-delà de la simple opinion).
Une dissertation est une recherche de la vérité
sur une question
particulière. Le souci de la vérité
doit donc être la préoccupation constante
de celui qui disserte, qui doit éviter les lieux communs,
les préjugés, les
partis-pris, les généralisations
hâtives, les réactions purement affectives.
Une dissertation doit
s'efforcer de résoudre le problème
formulé et ne doit pas se contenter
d'évoquer des opinions ou des doctrines diverses (catalogue)
sans développer un
point de vue et parvenir à une réponse
précise à la question posée.
Disserter,
c'est soutenir une thèse, c'est s'engager.
Une bonne dissertation est
donc une démonstration convaincante
parce que bien organisée,
bien adaptée
à la question posée et bien étayée
par des connaissances. Elle
manifeste un esprit à la fois ouvert, exigeant et
engagé dans sa recherche de
la vérité.
L'introduction
:
elle doit
permettre au lecteur d'entrer dans le problème
grâce à l'analyse du sujet et à
la formulation d'une méthode pour le traiter. Elle comprend
trois moments :
- l'approche du sujet
à partir d'une “idée-amorce”
: il faut conduire le lecteur à la question que
pose le sujet, montrer pourquoi elle se pose.
- l'analyse du sujet
: le type de question, les notions qui y apparaissent, le(s)
présupposé(s)
éventuel(s), articles et adverbes. Ce travail a
été fait auparavant au
brouillon, tout ne doit pas en apparaître dans
l'introduction, mais seulement
les résultats de cette analyse, l'essentiel.
- la formulation d'une
problématique : il faut entendre par là
une suite de questions qui
formulent les problèmes qui devront être
examinés dans le devoir en vue de
répondre à la question de départ. Elle
constitue le programme de ce qu'il va
falloir étudier dans le développement, il n'est
donc pas nécessaire (pas
conseillé même) de présenter
formellement (“Dans une première partie... puis
dans une deuxième...”etc.) le plan. Elle doit
dégager l'enjeu du devoir.
Le
développement
: il apporte progressivement une réponse
argumentée à la question posée
par le sujet et problématisée en introduction. Il
doit :
- être
décomposé en parties
bien distinctes du point de vue de présentation et
surtout du contenu : une
partie = une idée directrice = un aspect particulier du
problème.
- comprendre des transitions
entre les parties : la transition doit faire rapidement le bilan de la
partie
achevée en faisant explicitement
référence au sujet, et doit justifier le
passage à une nouvelle partie (une nouvelle question
directrice).
- présenter une progression
de la réflexion, c'est-à-dire un ordre, une
logique (dans la succession des
arguments) et manifester une avancée (ne pas simplement
juxtaposer des opinions
ou des références)
La
conclusion :
elle fait le bilan de la
réflexion entreprise et comprend :
- une récapitulation
aussi précise et concise que possible de l'argumentation et
de son résultat
(il faut formuler une réponse).
- un commentaire
de
cette réponse visant à en dégager les
conséquences (la portée),
l'intérêt.
1) lorsqu'il y a choix de sujets : étudier
attentivement chaque sujet avant de choisir (se
méfier des apparences : les
sujets séduisants sont parfois les plus difficiles).
2) Analyser le
sujet choisi : voir exercices.
Rédiger l'introduction, spécialement la problématique.
3) Collecter
les idées et les connaissances
utiles (arguments, références, exemples), d'abord
“comme elles viennent”...
4) ...les ordonner
dans un plan, penser aux
transitions (s'aider de la problématique).
5) Rédiger : bien tenir compte du plan et faire régulièrement référence à l'énoncé; veiller à la justesse de l'expression (choix des termes, définition des concepts, construction des phrases), à la qualité de l'orthographe et de la présentation.