Voici quelques conseils (qui je l'espère ne sont que des rappels pour
la plupart d'entre vous !...) pour réussir l'épreuve de philo ou au
moins pour ne pas trop la rater !
Ne pas oublier :
- De prendre le temps de la réflexion avant de choisir votre sujet : lisez-les attentivement tous les
trois (y compris le texte). Demandez-vous à quelles notions chaque sujet se rattache, de quelles références ou connaissances
vous disposez pour les traiter. Il ne faut pas nécessairement aller vers le sujet le plus séduisant, ou celui qui porte
sur une partie du programme qui vous plaît davantage, mais vers celui pour lequel vous disposez des connaissances les plus
nombreuses et les plus solides.
- Pour ce qui est du texte, prenez bien le temps de le lire et de le RELIRE : à la première lecture, il y a toutes les chances
que n'importe quel texte vous semble incompréhensible. Un texte de philo est toujours dense et développe des idées souvent
paradoxales, mais lu lentement, il vous parlera sans doute davantage. Demandez-vous si la thèse défendue par l'auteur de ce
texte ne vous fait pas penser à un point abordé en cours. Il reprend peut-être, de manière assez proche, une idée que nous
avons rencontré dans l'année : dans ce cas, vous pourrez vous servir du cours pour étayer et développer ce que dit l'auteur.
Dans le cas où celui-ci prend le contre-pied d'idées vues en cours, vous pourrez plus facilement le discuter !
- Prenez le temps de rassembler vos idées au brouillon : il est aberrant de voir quand on surveille le bac,
des candidats qui commencent à écrire sur la feuille d'examen au bout de quelques minutes sans avoir du tout -ou très peu-
utilisé les feuilles de brouillon mises à leur disposition ! Cela veut dire qu'ils vont écrire "comme elles viennent" des idées
au fil de la plume, sans plan préalable, sans savoir où ils vont. Cela se ressent énormément dans des copies qui alors n'ont
aucune structure, où "l'argumentation" est chaotique.
Il me semble nécessaire de prendre au moins une heure pour travailler au brouillon : noter d'abord les idées "comme elles viennent"
effectivement, mais au brouillon cela ne pose pas de problème; chercher des références et des exemples; rédiger l'introduction
et la problématique; et enfin formuler son plan. Une fois que tout cela est fait, votre devoir est virtuellement terminé, il
ne reste plus qu'à rédiger ce qui existe déjà "dans votre tête" et ce qui est structuré dans vos notes (ce ne sont bien que
des notes, on ne fait pas trop de phrases, ou on ne rédige pas trop le brouillon, à part si on a trouvé quelques formules
ou phrases qui seront des points clés de l'argumentation).
- Un petit "truc" concernant le brouillon toujours : n'écrivez que sur une face de chaque feuille pour ne pas avoir
à retourner frénétiquement toutes vos feuilles pour retrouver une note. En étalant toutes vos feuilles côte à côte vous pourrez
également visualiser l'ensemble de votre travail.
- Sur la copie d'examen à petits carreaux, n'écrivez pas sur chaque ligne ! C'est vite très pénible à lire !
- Faites des efforts pour écrire le plus lisiblement possible, pour ne pas fatiguer les yeux et mettre à l'épreuve la
patience du correcteur.
- Respectez les critères formels de base de la dissertation et du commentaire : Doivent apparaître clairement :
un bloc de texte INTRODUCTION séparé du DEVELOPPEMENT, lui-même divisé en PLUSIEURS BLOCS séparés les uns des autres, et enfin le bloc
CONCLUSION.
- Soulignez les titres des oeuvres que vous citez.
- Faites le plus possible attention à l'orthographe !
A éviter :
- Ne pas commencer l'introduction par des formules comme "De tout temps"
ou "Depuis toujours
les hommes se posent la question de savoir..." suivies de
l'énoncé du sujet. Il faut trouver des manières plus subtiles d'amener le
sujet : partir d'une opinion commune; d'une situation; d'un contexte
qui justifie que l'on soulève le problème posé par le sujet; commencer par des définitions communes des termes du sujet
pour en faire "sortir" des problèmes...
- Ne pas annoncer le plan sous la forme "Pour certains...", "Pour d'autres..." :
cela revient à faire de votre devoir un simple catalogue des opinions
possibles sur le sujet et finalement à toutes les mettre sur le même plan
(alors qu'il faut que le plan soit progressif, que la réflexion avance au
cours du devoir). Or, rien n'est pire qu'un
devoir totalement relativiste ! Disserter c'est chercher la vérité sur une
question donnée, alors il est très embêtant de lire des formules comme "A
chacun sa vérité", "Ca dépend du point de vue" etc... Avec un tel plan en
plus vous serez très embêté pour conclure ou trouver une
troisième partie, et vous risquez de terminer sur un prudent mais insupportable
"Ca dépend" (des gens, des fois... ou du temps pourquoi pas ?); ou sur un jugement
catégorique qui tombe comme un couperet sans le moins du monde avoir été préparé,
argumenté par le reste du devoir !
- Ne pas annoncer le plan en disant que l'on va démontrer une première thèse dans la première partie, puis que l'on va
démontrer également la thèse opposée dans la partie suivante !! C'est absurde, car cela veut dire que vos deux parties
vont se contredire, que vous allez affirmer une chose et son contraire, ce qui pose un petit problème logique
vous en conviendrez ?
Il faut dire que l'on va examiner une première hypothèse ou une première perspective sur le sujet, dont
on va voir dans quelle mesure elle est pertinente, mais aussi quelles en sont les limites; que cela nous mènera donc à en examiner
une deuxième plus pertinente, mais comportant elle-même d'autres insuffisances; pour enfin terminer sur la perspective ou l'idée
qui permet d'inclure les deux précédentes tout en les dépassant.
- Toujours en ce qui concerne le plan : Eviter de séparer les mots du sujet et de rédiger une partie
sur chacun d'eux, séparément. Par exemple, pour le sujet "L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ?" :
I) Qu'est-ce qu'un Etat ? II) Qu'est-ce qu'un ennemi ? III) Qu'est-ce que la liberté ? ou I) Qu'est-ce qu'un Etat ?
II) Qu'est-ce que la liberté ? pour ne poser que dans la troisième partie la question énoncée par le sujet. C'est TOUT le sujet,
et TOUT AU LONG du devoir qu'il faut traiter !
- Ne pas mettre des titres aux différentes parties du développement : inutile,
souvent maladroit, voire dangereux quand les titres mettent en évidence le
décalage entre ce qui est annoncé et... ce qui est fait !
- Eviter les citations pseudo-magiques : beaucoup d'élèves pensent qu'"il
faut mettre des citations" dans une dissertation. Ce n'est pas que ce n'est pas
vrai : une citation exacte, utilisée à propos et exliquée peut être un plus
dans une argumentation, mais ces trois conditions sont malheureusement rarement
réunies. Il y a aussi des phrases trop célèbres mais dont les élèves ne
connaissent pas le sens réel et qu'ils utilisent à tort et à travers : "Je
pense donc je suis", "L'enfer c'est les autres", "Rien de grand ne s'est fait
dans le monde sans passion" etc. La citation pour elle-même n'apporte rien à
la copie, au contraire ! Inutile donc de s'encombrer la mémoire avec ces
citations si on ne connaît pas le contexte dans lequel leurs auteurs les ont écrites, donc quel est leur sens. Je vous conseille plutôt
d'utiliser les références aux auteurs en utilisant le style
indirect comme disent les profs de français ("Chez Kant la loi morale
s'énonce sous la forme d'un impératif catégorique"). Il est très handicapant pour
une copie qu'elle ne comporte aucune référence au cours de philo de l'année, donc
à des auteurs, mais ce n'est vraiment pas grave si n'apparaît aucune citation !
- Eviter les exemples trop anecdotiques, tirés soit de l'actualité très
récente, soit de votre vie personnelle. Là encore, cela peut se faire, mais ce
n'est pas facile à faire BIEN. Il faut pouvoir tirer de ces situations des
idées générales, les conceptualiser, ne pas rester au niveau de l'opinion la
plus banale. Et ça beaucoup d'élèves ne savent pas le faire...